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24 janvier 2016

Le cycle de Drenaï - Légende de David Gemmell


Broché à 20€
Parution : novembre 2000
Éditeur : Bragelonne
Format 15cm x 24cm
Nombre de pages 368


Présentation de l'éditeur

Druss est une légende.
Ses exploits sont connus de tous. Mais au lieu de la richesse et de la célébrité, il a choisi de vivre retiré loin des hommes, au sommet d'une montagne, avec pour seuls compagnons quelques léopards des neiges. Là, le vieux guerrier attend son ennemi de toujours, la mort.
Dros Delnoch est une forteresse.
C'est le seul endroit par lequel une armée peut traverser les montagnes. Protégée par six remparts, elle était la place forte de l'Empire drenaï. C'est maintenant leur dernier bastion, car tous les autres sont tombés devant l'envahisseur Nadir.
Son seul espoir : le vieux guerrier. 

Mon avis

Légende est le premier roman de David Gemmell, publié en VO en 1984. Et pourtant, de nos jours, il est le septième tome du Le cycle Drenaï* qui comprend douze ouvrages. Pour ne pas faire crier au scandale les puristes, on va s'arrêter ici dans l'explication de cette vaste épopée qui relate l'histoire de divers héros dont les routes se croisent dans les différents livres.

Revenons à Légende. Ce tome, qui peut se lire très bien indépendamment des autres, est une véritable tuerie, une perle dans la littérature fantasy. Dès les première lignes nous sommes happés dans ces contrées imaginaires, très facilement abordables.

David Gemmell met en place tous ses personnages et l'univers avec une habilité étonnante. Il mêle description et action ce qui permet au lecteur de s'immerger dans l'histoire avec une facilité déconcertante. Tout est fluide, abordable et accrocheur. On va de rebondissements en rebondissements sans que jamais le suspense ne cesse. Et le tout est bouleversant d'émotions car l'auteur joue sur divers plans : du comique au drame, de la sensibilité de Regnak par exemple, un des héros du livre, à la dureté de la guerre qu'à déclarée Ulric, chef du peuple Nadir. C'est ainsi, qu'entre sensualité et plans d'actions défensifs, on dévore les pages sans ne plus pouvoir s'arrêter.

Le génie de David Gemmell est de passer de héros en héros. Oui, ils sont nombreux ces personnages qui marquent de leur empreinte l'histoire. On s'attache à l'un puis à l'autre, les découvrant tous avec les qualités et leurs défauts.

Légende est un livre riche, drôle, envoûtant et prenant qui embarque le lecteur dans un univers de fantasy pour quelques heures de pur bonheur. A lire absolument !

*Le cycle Drenaï :
Waylander
Waylander II : Dans le royaume du loup
Waylander III : Le héros dans l'ombre
Druss la légende
La Légende de Marche-Mort
Loup blanc
Légende
Le Roi sur le seuil
La Quête des héros perdu
Les Guerriers de l’hiver
Les Épées de la nuit et du jour

28 septembre 2015

Victorian Fantasy, Tome 1 : Dentelle & Nécromancie de Georgia Caldera


Format : broché
Pages : 544
Éditions : J’ai Lu
Sortie : 10 septembre 2014
Prix : 11,90 €


Présentation de l’éditeur
 
D’aussi loin que remontent ses souvenirs, Andraste, issue d une longue lignée de sorcières, vit dissimulée aux yeux du monde. Son univers restreint ressemble à s’y méprendre à une cage dorée, elle qui ne rêve que de s’envoler. C’est alors qu’une invitation de la main même de la Reine vient bousculer les plans de sa grand-mère qui dirige la famille d’une main de fer. Et une requête royale ne se refuse pas... à moins de souhaiter perdre la tête.

Sa découverte du monde commence, à mille lieues de ce qu’elle imaginait. La cour est pleine de dangers, de rumeurs et de règles qu’elle ne maîtrise pas.

Mais sa plus grande erreur est de succomber au regard aussi noir que la nuit de lord Thadeus Blackmorgan...


Mon avis 

Steampunk et romance ! Voilà un cocktail détonnant au regard de la couverture et de son résumé. De plus, si vous connaissez la plume de Georgia Caldera, vous n’hésitez pas une seconde. Promesse de magie et d’amour, de fantasy et de vintage. Mais voilà… ça ne fonctionne qu’à moitié !

La lecture promettait d’être fabuleuse. Les cinquante premières pages se dévorent toutes seules. On est pris par l’histoire, accroché à chaque passage, affamé de connaître la suite.

Andraste est une jeune femme passionnante qui, cloitrée depuis toujours, découvre la cour et ses rouages. Entre timidité et intrépidité, ce personnage nous est d’entrée sympathique. Et que dire de Thadheus Blackmorgan… un homme ténébreux comme on les aime. Le jeu du chat et de la souris commence d’une façon succulente. Hélas, à trop vouloir y jouer, on finit par lasser. Le va-et-vient de leur idylle devient sans intérêt.

Côté magie, il ne faut pas s’attendre à des révélations fracassantes. Alors, peut être que ce tome est une mise en place de la saga, mais il n’en reste pas moins que tout s’essouffle trop vite. Chaque fois qu’une révélation ou une pointe de fantasy nous sont offertes ça redevient plat dans la foulée.

On continue la lecture dans l’attente de plus de fantastique mais aussi que l’histoire de cœur avance entre Andraste et Thadheus. Les deux cents pages du milieu du livre sont assez longues, surtout pour les lecteurs amateurs de romance historique qui ne feront que du sur place à force de clichés.


Heureusement, le dernier tiers nous replonge dans l’euphorie du début. Georgia Caldera a su redonner un souffle nouveau à son histoire et nous rendre les personnages très attachants. Et aussi grâce à sa plume très agréable même dans les moments de longueurs.
Les fans de l’auteur retrouveront son style particulier qui donne à ses romans un charme indéniable et seront sûrement enchantés par ce premier opus. Pour les amateurs de fantasy qui aiment aussi la romance, il manquera de magie, de pouvoirs. Mais il est à espérer que le tome suivant comblera cet aspect.

Au final, Dentelle et nécromancie, est en demie-teinte. Il faut s’armer de patience une partie de l’histoire pour mériter la fin.

27 février 2012

Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit

Éditions Le Pré aux Clercs
Sortie septembre 2011
Pages 298 / Prix 19€

Présentation de l'éditeur

Lilas, une naine flamboyante, a choisi, depuis la disparition de Frêne, son époux, de prendre sa retraite de Chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer, à l'endroit même ou Frêne s'est "ancré" pour l'éternité. Entourée de quelques amis et d'Errence, un elfe qui est aussi son amant, elle mène une existence un peu trop paisible à son goût.
Alors qu'elle s'interroge avec angoisse sur son devenir, son fils Saule, pourchassé par un groupe de miliciens au service de la Haute Fée, fait irruption dans l'auberge. Il serre dans ses bras une fillette de seize ans, Brune, qui est à l'agonie.
Après quelques heures d'hésitation, et bien que pressentant l'immense danger qui émane de façon indicible de la personnalité de Brune, Lilas décide de les protéger envers et contre tous.

Véritable quête mystique, le voyage de Lilas ouvre les portes d'un au-delà fantastique où les dieux, à force d'ennui dans leur solitude millénaire, décident de s'incarner pour enfin entendre le souffle de leur vie.

Mon avis


Je ne connaissais pas la plume de Mathieu Gaborit. Vu qu'on m'a dit beaucoup de bien de ce livre, et comme Phooka et Dup, administratrices du blog Book en Stock m'ont proposé une lecture commune, je n'ai pu résister à cette opportunité. Je vais ci-dessous en donner mon avis de façon impersonnelle et constructive. Exercice périlleux en vue pour moi.


Voici une lecture poétique, peu commune du fait de l'univers imaginé. Dès les premières pages, la plume de Mathieu Gaborit nous embarque dans l'histoire. Le livre commence donc plutôt bien. Nous apprenons à connaître les différents personnages, certains charismatiques, d'autres assez effacés. Le découpage des chapitres est sympathique et donne une dynamique très appréciable, passant d'un lieu à un autre, d'un protagoniste à l'autre.

Le début est si bon que le principe de la lecture commune frustre un peu : on doit attendre les copines pour poursuivre ! D'un autre côté, le fait de donner déjà son point de vue entre lectrices au fur et à mesure des découpages est un exercice super intéressant. On regarde différemment certains points qu'on n'avait pas forcément remarqués.

Mais voilà, tout part de travers ! Au premier tiers du livre, l'auteur nous sème et il sera très difficile de retrouver l’engouement du départ. Quand on ne visualise pas un monde, il est difficile de s'en imprégner et d'y voir évoluer les personnages. Dans Chronique du Soupir, le pouvoir du souffle est fondamental, l'essence même de chaque être, relié à sa fée confinée dans le cœur. La magie du souffle est une notion innovatrice, limpide en elle-même et assez bien expliquée au fur et à mesure de la lecture, même s'il reste quelques passages troubles. Le problème ne se situe pas là. Il est dans le décor, dans l'environnement complexe mis en place. Peut-être que la nature des dialogues y est aussi pour beaucoup. Car il est bon de noter que les échanges sont particuliers. Sans profondeur, certes poétiques mais exsangues de sentiments. Tout est froid. On a la sensation d'un rigidité dans tout. Et sans jeu de mots grossier, aussi dans la manière qu'a l'auteur d'aborder la sexualité. C'est particulier... Monsieur Gaborit, quelle troublante vision avez-vous de la chose !

Pour revenir aux personnages, ils sont à l'image de l’œuvre, complexes, distants. Lilas, l'héroïne, on l'aimera ou on la détestera. Sa vaillance est mise à mal par son côté tête de mule, tête à claques. Brune restera un mystère longtemps, ce qui est un bon point parce qu'on veut en savoir plus sur elle. Les hommes de ce monde n'en sont pas vraiment par leur courage : effacés et plutôt chiffes molles ! Ce n'est pas de leur côté qu'il faudra chercher pour rehausser le niveau. Le côté le plus perturbant est qu'on a approché certains protagonistes au début et qu'on ne les reverra qu'à la fin. Certains apparaissent pour très peu de temps, êtres étranges, bizarres et si abscons. D'autres disparaitront trop rapidement et surtout cruellement.

Un aspect qu'il est bon de noter est le passage, comme ça d'un coup, sans aucune coupure, ni mise en italique, d'un récit à la troisième personne au "je". Certes, on comprend qu'il s'agit de la pensée du personnage traité mais néanmoins cela reste un fait dérangeant et qui n'a aucune utilité si ce n'est de mettre une sorte de monologue saugrenu en place.

Au final, il faut s'accrocher. La fin du livre est à la hauteur du début, très bonne et très intéressante. Elle nous fait porter un regard différent sur le manque de sentiments durant toute l'histoire et donne une explication à certains passages obscurs. L'écriture poétiquement étrange de l'auteur et la façon dont le récit est mis en place n'effacent tout de même pas tous les points négatifs relevés. Voici donc un roman singulier à découvrir et qui a plu a beaucoup de mes co-lectrices.

Merci aux éditions Le Pré aux Clercs et à Phooka et Dup pour cette découverte particulière.

Lecture commune avec Phooka, Lelf, Chica Nessita, Charabistouilles, Archessia, Vozrozhdenyie, Elise, Hécléa et Mallou




Note 2/5

14 février 2012

À vos souhaits de Fabrice Colin

Éditions Bragelonne
Sortie en mai 2010




Présentation éditeur

Tout le monde connaît Newdon, la fabuleuse cité où se côtoient humains et créatures enchantées. Mais connaissez-vous John Moon ? Il est l'entraîneur d'une équipe d'ogres complètement abrutis, derniers de leur championnat. Et Vaughan, l'elfe qui vient de tripler sa première année d’École de Magie ? Ou encore Gloïn MacCough, le nain qui fait faner les fleurs rien qu'en les regardant ? Alors que ce trio pathétique est réuni devant quelques pintes au pub du coin, le Diable arrive en ville, à la recherche d'une clé qui permettrait d'ouvrir les portes des enfers. Et le destin moqueur a jeté son dévolu sur nos amis pour déjouer ses plans...

Mon avis

Pour m'être baladée sur divers blogs et sites, je peux confirmer que ce roman ne peut prêter à la demi-mesure. On l'aimera ou pas. On accrochera ou pas. J'étais sceptique en le commençant, pour m'apercevoir, au bout d'un moment, que les pages défilaient à grande vitesse. Je fais donc partie des conquis qui ont trouvé ce livre très drôle.

À mille lieues de tout autre récit, l'univers créé est surprenant. C'est délirant, avec des dialogues hors normes et une histoire rocambolesque dont on ne peut à aucun moment prévoir la suite.

Le diable débarque à Newdon et décide de prendre au piège les trois Mères : la Mort, la Nature et la Magie pour installer le chaos. Et quoi de mieux que de les capturer en se servant de trois êtres dont les principes sont aux antipodes de leurs pouvoirs ? Nous allons donc suivre un trio de personnages liés par une amitié singulière, plutôt gauches, un peu barjots et qui nous entraînerons dans leurs divagations mais aussi dans leurs diverses péripéties pour faire échouer les plans du baron Mordayken, serviteur du seigneur des ténèbres.

Le déroulement des évènements peut paraître déroutant. Pour une bonne moitié du récit, on suit très bien le fil, puis les choses se compliquent un peu, l'histoire part dans plusieurs directions, dont une assez bizarre, mais les situations sont si drôles qu'on en veut encore. Et puis, surtout, on veut savoir la fin !

Les dialogues, qui semblent n'avoir ni queue ni tête, sont poilants. On en redemande. Pourquoi ? Parce que dans ce livre tout est décalé. Newdon, un Londres étrange où tous les noms des grands sites sont transformés avec beaucoup d'humour. On y côtoie toutes sortes de créatures plus ou moins repoussantes, comme des zombies et leurs lambeaux de peau ou encore des ogres plutôt stupides. Vous prendrez part à une partie de Quartek. Vous serez dans la peau d'un psy mis à mal par sa propre mère. Vous boirez de la bière, beaucoup de bière. Vous rencontrerez la Reine comme jamais vous ne la reverrez ! Vous tomberez amoureux. Vous vous poserez des questions. Vous allez surtout devenir l'allié forcé d'un entité plutôt peu commune. Vous serez John Moon. Bon courage !

Une histoire loufoque, un univers loin de tout ce que vous connaissez, que vous aimerez ou que vous détesterez, à vous de juger. Une chose est sûre, vous ne resterez pas indifférents et vous vous demanderez, peut-être aussi, comme moi, si l'auteur n'a pas pris froid avant de penser à ce scénario : À vos souhaits monsieur Colin ! Ou encore ce qu'il a consommé avant de prendre sa plume. Du cochon avarié sûrement !



Note 4/5


23 novembre 2011

Winterheim de Fabrice Colin


 
L'intégrale
Editions Pygmalion
Collection Fantasy

Sortie le 19 octobre 2011
Format Broché / Prix 22,90€


Quatrième de couverture du Tome 1 ancienne édition

Il y a bien longtemps les Faeders et les dragons ont décidé de ne plus s'immiscer dans les affaires des mortels. Retirés loin de Midgard, ils ont cependant confié à la dame des songes et à ses trois demi-sœurs les ténèbres la tâche de veiller sur les humains.

Aujourd'hui, dans le royaume de Walroek, le jeune forestier Janes Oelsen, dont les parents n'ont jamais pu comprendre le caractère rêveur et la juvénile impétuosité, entre en possession d'une mystérieuse carte à la suite d'un pari. Accompagné de sa fidèle chouette flocon, il va partir pour le château maudit de Nartchreck où, à en croire les légendes repose un fabuleux trésor...


Mon avis

J'étais impatiente de lire cette trilogie, proposée ici dans son intégralité par les éditions Pygmalion. Tout d'abord étonnée par les avant-propos de l'auteur - qui s'excuse presque de l'imperfection et de la naïveté du récit, qui date d'une dizaine d'années - je dois avouer qu'en cours de lecture, j'ai rejoint quelque peu ses mises en garde, si je puis dire.

Ayant lu quelques œuvres plutôt récentes de Fabrice Colin, je n'ai pas retrouvé la fluidité ingénieuse qui le caractérise. L'histoire est certes prenante, belle, mais la distance qu'on retrouve dans tous ses livres n'est pas là. L'auteur nous a habitué depuis à un récit dirons-nous impersonnel mais aux protagonistes originaux, drôles, sarcastiques... Ici, j'ai trouvé certains passages fades et certains personnages, mielleux et sans consistance. Oh, misère ! Oui c'est moi qui écris ça !

Alors attention, je ne vous dis pas "ne lisez pas cette œuvre parce que vous n'aimerez pas". Non, c'est juste ma vision de l'écriture qui n'arrive pas à la maturité qu'on lui connait maintenant.

Parlons du contenu. Voici une fantasy basée sur les dieux nordiques dont le déclin est annoncé très bientôt. Pour garder leur hégémonie sur Midgard, certains Faeders entrent en guerre contre les dragons, mais aussi contre tous ceux qui se mettent entre eux et leur cible : le jeune Janes Oelsen. Ce conflit est découpé en neuf mouvements, eux-mêmes fractionnés en passages avec intitulé qui allègent le récit et donnent du confort à la lecture.

Le premier tome est, en somme, la mise en place de l'histoire où tristesse, froid et douleur sont le ciment. On apprivoise les noms et lieux facilement grâce à la carte, à l'arbre généalogique et aux explications en début de livre.

Dans la deuxième partie, nous voyageons en compagnie de Janes Oelsen dans tout Midgard, forgeant des alliances ou se créant des ennemis au gré des rencontres. Même si le rythme se ramolli et que le récit part dans la longueur, chaque personnage rencontré aura son rôle, sa place dans l'histoire, rien n'est laissé au hasard.

Avec le dernier tome, les choses deviennent sérieuses et une fois commencé, vous aurez du mal à ne pas le lire d'une traite. La partie consacrée aux dieux est beaucoup plus importante et du coup, rend le roman plus intéressant. On tourne les pages plus facilement avides de savoir la fin. Ajoutez à cela la part donnée aux descriptions, récurrente dans toutes les histoires de l'auteur, qui rend les milieux et les atmosphères réels, quasi palpables.

Au final, l'intégrale de Winterheim plaira aux amateurs d'imaginaire. Décors superbes, suspense prenant, personnages mythiques sombrement alléchants et une pointe de romance vous feront passer des heures surprenantes. Les quelques points négatifs ne sont dus qu'au fait que l'auteur a nettement amélioré son style et du coup m'a habituée à mieux !

Note 3/5


3 août 2011

La Cité Noire

Grand Format de 587 pages, oui et alors ? Et bien on en redemande !!!



La Cité Noire
de Thomas John
Éditions Asgard
Collection Reflets d'Ailleurs

Sortie le 3 mai 2011
Grand Format / Prix 25€



Présentation de l'éditeur

Une cité régie par des sorciers aux pouvoirs déclinants. Une cité où toutes les sept nuits, lorsque les lunes se confondent, la mort hante les rues et emporte les défunts. Une cité d aventures épiques, d'amours et de mort. Quel est donc le mystère de la Cité Noire ? Perdus au milieu de ses complots, Ao, Perceron et Kroll parviendront-ils à survivre ?

Mon avis

Tout d'abord, nous allons nous attarder sur l'objet en lui-même : cet ouvrage est superbe. Les illustrations de Pascal Quidault sont magnifiques et donnent tout de suite envie d'ouvrir le livre et de s'y plonger. Le fait d'avoir en quatrième de couverture un aperçu du visage des personnages est délectable. Sûr que nous, lecteurs, ne manquons pas d'imagination pour nous représenter nos héros, mais une vision du dessinateur est bienvenue, surtout quand elle est faite avec talent.


Parlons de l'histoire et posons un peu les bases :

Tout est toujours question de pouvoir, de domination ! Tout se résume à la soif d'argent, de notoriété ! Les habitants de la Cité Noire ne dérogent pas à cette règle, bien au contraire...

Un monde, deux lunes. Quand la grande Denether accueille en son sein la rougeoyante Arakia, quand les deux forment une sphère bicolore, alors sonnent les cloches de Kan-Pang. Dans les rues, tout être mort ou vivant ne sera plus une fois la Fossoyeuse venue...

La magie est déclinante. La Chimère, déesse mère des sorciers, est partie pour la nouvelle ville, la Cité Blanche, où sont amenés à vivre tous ceux dotés de pouvoirs magiques...

Au cœur des Terres de Jade, à Kan-Pang, ou Cité Noire, ce sont les Maisons qui régissent la vie politique, militaire et économique. La souveraineté est entre les mains de peu de gens, ceux qui sont maîtres d'un Domaine régent. Il y a les puissantes Maisons des sorciers, la famille Gordreg et la famille Sourgne, ennemies. Vient également la Maison Heaumenuit, dont le régent Haardoth est le Seigneur gardien de la cité. Puis finalement arrivent les Maisons des Marchands. Tous se réunissent suite à une prémonition qui annonce la guerre. Un vote doit être fait pour l'avenir de Kan-Pang, mais au grand étonnement de la population l'issue de ce haut-conseil ne sera pas celle qu'elle attendait : une égalité des votes, figeant ainsi toute action. Seule la découverte d'un nouveau Domaine régent pourrait désamorcer la situation. C'est sur cet état de fait que se base toute la trame, même si c'est en suivant les différents personnages, qui au départ nous semblent bien loin de ces préoccupations, que tout va se jouer, se dénouer...

Les personnages venons-y. Nous suivrons plusieurs d'entre eux en même temps. Sur le territoire Naïme, nous ferons la connaissance de Kroll, un cromlek, physiquement proche d'un ogre avec ses crocs et son physique impressionnant. Depuis le jour où Ao, sa jeune sœur humaine, qui se trouvait en sa compagnie, a perdu la vue, les yeux brûlés dans des circonstances étranges, il n'est plus le bienvenu au village. Pourchassé par un de ses frères, une bagarre sanglante éclate, le contraignant à fuir sa région pour la Cité Noire. Sa nature ne lui permettra de trouver qu'un travail précaire, celui de "maraudeur", sorte de chercheur de trésors oubliés dans les bas-fonds de la Cité. Il y travaillera en compagnie de Valthar, Leen et Elmo. Payot leur chef les enverra dans une quête sombre et dangereuse dans les souterrains de la ville.

De son côté Ao, qui rejette toute la faute de son handicap sur les épaules de Kroll, verra son avenir se noircir et muer avec le départ de l'ogre, comme elle l'appelle. Un don étrange, un pouvoir unique émergera de sa souffrance...

À Kan-Pang, Perceron, suite à la mort de son fils, sombre dans une folie-maligne qui le mènera à bien d'étranges situations. Ce troubadour alcoolique, souvent radoteur, gauche la plupart du temps, déjouera bien des ennemis. Malgré son handicap patent, il sera le plus drôle mais aussi le plus astucieux des personnages...
Il y en a tant d'autres comme ceux des familles de sorciers, qu'il est difficile de s'attarder sur chacun. Sachez seulement qu'ils apporteront tous une pierre à l’édifice. En dire plus serait sacrilège, d'ailleurs je pense en avoir trop dit déjà ou pas assez sur certains aspects !

La Cité Noire est un de ces romans sombres où la saleté, la puanteur, les morts, la souffrance et la torture font la magie du livre. Dans les Terres de Jade, la cruauté est omniprésente, elle semble ancrée en chacun. La pauvreté des habitants est telle que le vol, le passage à tabac est coutumier, ne surprenant personne. Déjà que la ville est jonchée de cadavres par-ci par-là, laissés aux soins de la Fossoyeuse - pourquoi s'embêter à les enterrer ! - alors quand la bande de maraudeurs s'enfonce dans les souterrains oubliés, c'est l’horreur qui les y attend.
Du côté des sorciers attendez-vous à côtoyer des abominations, personnages glauques et immondes d'une cruauté inégalée.

Mais voilà tout n'est pas si noir ! Croyez-le ! Le roman est bourré d'humour. Comme mentionné plus haut, le personnage de Perceron est à lui seul un clown extravagant, qui même dans les situations les plus dangereuses dégage une sorte de pureté infantile. Malgré les ennemis, malgré les coups, tous garderont l'espoir que le lendemain apportera quelque chose de meilleur. Kroll par exemple, n'aura de cesse de chercher un remède pour soigner Ao, cette sœur qui le hait.

Une histoire complète, riche, prenante. À aucun moment le suspense ne s'essouffle ! Une écriture exquise, fluide qui nous happe tout le long. Et un sens de la mise en page sympathique, agréable, passant quand il le faut d'un personnage à un autre. Une fois la lecture entamée, vous ne pourrez plus vous arrêter car Thomas John distille avec soin les informations pour mieux nous tenir en haleine.
Et maintenant ? J'attends la suite avec impatience, car tout n'est pas fini, loin s'en faut...

Je ne dirai que deux mots : lisez-le !


Je tiens à remercier sincèrement l'auteur Thomas John ainsi que les éditions Reflets d'Ailleurs pour ce magnifique roman.


Note 4/5 



1 août 2011

Le cycle de Lahm - 3 : Les légions d'Infër

Ça y est ! J'ai enfin pu lire ce 3ème et dernier opus. J'ai passé un très, très bon moment. J'aurais aimé avoir plus de calme autour de moi pour le lire d'une traite mais bon... mon avis ci-dessous.


Le cycle de Lahm - 3
Les légions d'Infër
de Chris Debien
Editions J'ai Lu
Collection Fantasy

Sortie le 6 juillet 2011
Format Poche / Prix 6,90€



Résumé

Luthër Khëradön, roi déchu des Terres Tranquilles, a tout perdu : son trône, ses amis , sa chère Maë. Pour oublier, il se livre à des combats sans fin, tel un gladiateur de jadis, sous les yeux d'un public assoiffé de sang, car seule la mort semble pouvoir lui apporter l'apaisement. Mais l'Infër lui réserve encore bien des surprises : un allié de toujours y refait son apparition et annonce au monarque déchu une nouvelle encore plus déroutante : Maë ne serait pas vraiment morte... et pas vraiment vivante non plus !
Ainsi s'ouvre l'ultime chapitre de ces chroniques, ainsi débute... la reconquête des Terres Tranquilles !

Mon avis

Les Terres Tranquilles vivent des heures sombres, les plus sanglantes et dévastatrices depuis que feu le roi Adön y ait amené la paix bien des années auparavant. Hazel la flamboyante est devenue l'Impératrice Noire, reine revenue de l'Infër avec à la place d'un cœur, une soif d'hémoglobine, de destruction, de vengeance incomparable. Elle désire plus que tout réduire à néant ces terres, diviser les peuples pour mieux les exterminer. Son ambition ne souffre d'aucune pitié, d'aucun remords, s'alliant avec un légendaire et terrible démon Hysharïm, elle accepte en contre-partie de l'aider à ouvrir la porte de l'Infër, ce qui libérera tous les êtres démoniaques et obscurs. Il lui faut mettre la main sur la Clé de Voûte.

Le roi Luthër Khëradön y est lui justement en Infër, cherchant le moyen de mourir et de rejoindre feu sa reine, Maë. Et c'est dans ces bas-fonds de la déchéance, de la quasi mort que Phärf - son ami tué de ses propres mains - lui apprend que son aimée n'est pas tout à fait morte et se trouve quelque part en Infër dans le Sixième Cercle, là où aucun vivant n'a jamais mis les pieds. Espoir. Luthër entrevoit une lumière d'espérance. C'est à ce moment que Belth-OthOt, le démon qui est en lui, accepte de l'aider à la ramener à la vie à la condition qu'il fasse ce qu'il lui dit. Une traversée des plus périlleuses, des plus lugubres attend Luthër, mais sauvera-t-il Maë ? Et à quel prix ?

De leur côté, la multitude de personnages - je ne dirai pas secondaires car leur rôle est primordial et chacun est principal - avance avec peine mais toujours avec l'aspiration que leurs actions finiront pas vaincre la terrible Hazel. Nous retrouvons tous ceux qui nous sont chers, Graäne, la Tisseuse qui aura fort à faire pour que l'équilibre soit maintenu. Arax, le sorcier, l'autre fils de Lahm, porteur d'espoir, plus que quiconque souffrira énormément entre les mains de l'Impératrice. Yana, entre mensonges et amour devra elle aussi trouver au fond d'elle l'envie de se battre. Nhû, Loulïn, Fraan , trois enfants au destin terrible, des épaules bien frêles pour un poids si lourd. Yöerick l'Errant, Haleb Dürn, le Prince des Insoumis, Kalïwsh, Gümp, Faëriel tous avanceront chacun de leur côté, parfois ensemble mais dans un même but, déjouer les plans d'Hazel en portant les coups à des endroits stratégiques. Chacun aura son rôle, chacun vivra l'enfer...

Quel plaisir de pouvoir avoir la fin de cette trilogie entre les mains ! Nous arrivons au cœur de l'action en pleine folie meurtrière. L'Impératrice nous rend nerveux car elle semble savoir tous les coups à l'avance. Le lecture est fébrile, la tension omniprésente. Les révélations quant à la nature de certains personnages tombent d'un coup et l'auteur sait y faire passant à ce moment à un autre protagoniste ! Damnation !
L'aspect lugubre est moins présent par contre les tripes et hémoglobine sont au rendez-vous, mais qui dit guerre dit conséquences et c'est dans des bains de sang que nous naviguons. Comme pour ces deux précédents opus, la puanteur est sur notre langue, l'odeur charriée par l'écriture sort du livre pour venir titiller nos narines, tordant notre estomac. Bravo ! Il faut le faire d'entraîner ainsi le lecteur au cœur même du combat au point que certains passages ne sont à lire qu'avant un repas !

Nos amis vont vivre des heures sombres et beaucoup n'en réchapperont pas. Nous verrons ainsi périr cruellement des êtres dont nous nous étions pris d'affection. Hélas, tout combat a son lot de morts. L'auteur ne nous épargnera pas comme pour ses personnages qui trépassent, nous devront avancer malgré le deuil et le chagrin. Et oui, je vous l'ai dit que vous la vivrez cette fantasy !

Le talent de Chris Debien tient aussi bien dans son écriture riche, complexe mais accessible - oui je sais mais c'est vrai ! - que dans son agencement de l'histoire. Les chapitres sont courts, et eux-mêmes découpés en parties qui nous relatent l'avancement de chaque personnage ou groupe. Le récit est allégé et nos ongles pas loin de n'être que néant tant le suspense est garanti avec ce genre de découpage. Du coup, la multitude de protagonistes nous est accessible et nous suivons l'avancement de la résistance à chaque coin des Terres Tranquilles en même temps pour tous.

Pour agrémenter le tout, les passages introductifs et citations en début de chapitres sont à croquer. Soit poilants, soit qui donnent matière à penser, aucun ne m'a laissée indifférente et  vous êtes tout excusé Chris Debien d'avoir pris des bouts de Shakespeare et des Doors pour agrémenter ces passages.


Une fantasy sanguinolente à souhait, une écriture délectable, un suspense omniprésent, amateurs foncez !


Note 5/5 


Du même auteur

6 juillet 2011

Elric, Les buveurs d'âmes

Avant propos nécessaire : avis d'une débutante dans l'univers de Moorcock !



http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/2/1/9782265089129.jpgElric
Les buveurs d'âmes
de Michael Moorcock
et Fabrice Colin
Editions Fleuve Noir

Sortie le19 mai 2011
Format Broché / Pages 268 / Prix 19,50€


Présentation éditeur

Prince déchu, dévasté par la mort de son aimée, Elric de Melniboné a juré de ne plus jamais se servir de Stormbringer, son épée maudite qui boit les âmes et lui procure sa puissance et sa vitalité.
Accompagné de son fidèle compagnon Tristelune, Elric, abattu et mourant, part en quête de son dernier espoir : l'Anémone Noire, une plante magique ne fleurissant qu'une fois par siècle, qui pourrait lui redonner des forces et de grands pouvoirs. Pour la trouver, il doit gagner les ruines de Soom, une cité perdue au cœur d'une jungle inhospitalière infestée de créatures maléfiques...


Mon Avis

Au départ ce livre ne m’était pas destiné. Service presse reçu pour mon binôme, mon Alpha du forum, j’ai nommé Elaura, je n’ai pu résister à l’appel de la lecture. Elle doit d’ailleurs me haïr, je ne lui ai toujours pas envoyé.

J’ai tout d’abord été captivée par la couverture, cet albinos à la chevelure dans le vent, au regard ténébreux, aux habits sombres, me faisait de l’œil. J’ai résisté… mais pas longtemps ! En effet, ne connaissant pas les écrits de Michael Moorcock – je vous interdis tout commentaire sur ça d’ailleurs- et appréciant la plume de Fabrice Colin, forcément ces deux données mises côte à côte, l’envie a été la plus forte !

Entrons dans le vif du sujet : une fois commencé je n'ai pas décroché et je n’ai pas été trop perdue du fait de ne pas avoir lu les œuvres antérieures, même si certains aspects doivent paraître plus clairs pour les connaisseurs. Je me doute bien que je passe à côté de quelques subtilités en abordant sans connaissances préalables une œuvre comme celle-ci, mais je dirais que cette fantasy m'a surtout donné envie de découvrir les récits précédents de Michael Moorcock.

Pour ceux et celles qui comme moi aiment ce genre et seraient tentés mais n'osent pas franchir le cap, je vous dirai simplement : sautez le pas, ce livre en vaut la peine. La quatrième de couverture se suffit à elle-même pour poser l'histoire. Elric, ne se servant plus de Stormbringer, voit ses forces décliner, obligé de se droguer pour aider son corps à tenir. Son but ultime est de trouver dans une vieille cité abandonnée une plante dont les graines lui permettraient de guérir définitivement, le délivrant ainsi du pouvoir maléfique de son épée. Nous suivons donc, ce prince déclinant, dont les pas et les actes vont tout le long du récit l'amener plus loin dans la solitude et la douleur, si c'était chose possible ! Cet être esseulé et souffrant nous devient très vite attachant, et quoique asocial, atypique il est une énigme qu'on a envie de déchiffrer.

L'écriture de Fabrice Colin est comme d'habitude un régal, riche et fluide à la fois. L'auteur a l'art de la description, nous permettant ainsi de nous immerger complètement dans cette fantasy. Que ce soit les personnages, leurs sentiments, le décor, l'ambiance nous capturons tout et plongeons au cœur de cet univers. Le désespoir d'Elric face à certains événements devient le nôtre, et nous ne connaîtrons le répit qu'avec l'épilogue.

Pour la néophyte que je suis, je vous dirai donc que c'est une fantasy abordable, agréable, à découvrir forcément !


Note 4/5

4 juillet 2011

Le cycle de Lahm, tome 1 : L'éveil du roi

A l'occasion de la sortie du dernier tome de  Le cycle de Lahm le 6 juillet, je ressors mes avis sur cette série.
En y réfléchissant, je crois que ce fut une de mes premières Fantasy ! Mais aussi un de mes premiers avis en tant que rédactrice pour Onirik. Avec le recul, je pense que mon avis serait différent du fait que je lis plus de ce genre maintenant...
J'aurais aimé les relire mais en ce moment ce n'est pas chose facilement réalisable. J'ai tout de même hâte de savoir la fin et donc d’entamer le dernier opus !!


Le cycle de Lahm, tome 1
L'éveil du roi

de Chris Debien
Edition J'ai Lu

Sortie 10 mars 2010
Poche / Prix 6,70




Présentation de l'éditeur

Sous le règne d'Adôn, les Terres Tranquilles ont connu une ère de paix sans précédent, mais sa mort brutale pourrait bien y mettre un terme. ... Lire la suite
A peine monté sur le trône, son fils, Luther Khèradôn, survit de justesse à un attentat perpétré par les Sanguelems, une secte de mages maudits. Les Hargnes, peuple primitif et belliqueux, menacent d'envahir la province. Enfin, certains des plus proches conseillers du monarque conspirent dans l'ombre... Mais, dans ses rêves, Luther entend des voix qui semblent se livrer une guerre sans merci. Les Terres Tranquilles seraient-elles le théâtre d'enjeux qui le dépassent ?
Mon avis

A feu et à sang !, voilà qui sied à ce roman. Entre cris, rage, peurs, monstruosités effrayantes surgies des enfers, l’histoire bascule dès le départ dans une atmosphère de puanteur, de chairs calcinées, éventrées, où l’hémoglobine coule à flot !


Les Terres tranquilles vivaient en paix. Le Roi Adön avait su rallier tous les peuples, si différents soient-ils, dans un climat de quiétude et d’harmonie. Cette sérénité sera perturbée le jour de la naissance de Luther Khëradön. En donnant vie à cet enfant, la Reine Hazel périra. Anéanti, le roi ordonne à Karän, son sorcier, de ramener par tous les moyens son épouse adorée.

Cette magie noire, s’appuyant sur un sacrifice, scellera à jamais le destin des Terres tranquilles, car ce n’est pas seulement la reine qui reviendra d’entre les morts, mais ELLE, l’Impératrice noire, démon aux pouvoirs dévastateurs.

L’heure de la destruction n’est pas encore arrivée. Luther va grandir tout en ignorant la vérité sur sa mère et les conséquences de l’acte qui s’est joué lors de sa naissance. Jusqu’au jour où tout bascule…


Chris Debien, inspiré entre autres par Tolkien, nous livre ici une fantasy dévastatrice, cruelle, sanglante. Chaque personnage devra affronter son destin de son côté pour sauver les Terres tranquilles de la terreur, du mal. Bien que l’écriture soit agréable, la profusion de noms étranges et complexes perturbe le lecteur, rendant difficile la compréhension parfaite de l’histoire, des lieux, des peuples. Toute fantasy qui se respecte, fourni au lecteur, au moins une carte en début de livre. Mais hélas, Chris Debien n’y a pas songé. Quel dommage, car malgré la complexité de l’environnement, nous sommes tout de même emportés par le destin du roi Khëradön.

Si vous êtes accoutumés aux histoires dramatiques sombres et cruelles, vous serez captivés, mais au contraire si vous n’aimez pas le sang et les mutilations en tous genres, passez votre chemin.


Note 4/5 


Du même auteur

Le cycle de Lahm, tome 2 : Les insoumis

Le cycle de Lahm, tome 2
Les insoumis

de Chris Debien
Edition J'ai Lu

Sortie le 27 novembre 2010
Poche / Prix 6€


Présentation de l'éditeur

Luther Khëradön, le souverain des Terres Tranquilles, n'est plus de ce monde. Depuis son combat contre Hazel, le démon qui fut un jour sa mère, il erre dans les limbes de l'Infër, un lieu de souffrance peuplé de créatures aussi horribles que dangereuses. À la surface, les armées de la Noire Impératrice gagnent du terrain, tandis que Karän, le sorcier rouge, tient la capitale d'une main de plus en plus ferme. Tout espoir n'est cependant pas perdu : appuyée par les mystérieux Arachne, Maë, la concubine du tyran, faussement soumise, tire en secret les ficelles d'une Résistance de plus en plus puissante. Et tandis qu'Arax découvre le lien qui l'unit à la Lahm, source de toute magie, Louïlin devient, elle, une pièce cruciale sur l'échiquier... Se pourrait-il qu'il y ait plusieurs Elus ? 

Mon avis

Les Terres tranquilles sont submergées par le mal. Des hordes de Hargnes et de créatures plus repoussantes et féroces les unes que les autres sèment non la terreur, mais l’anéantissement de chaque être vivant. Loin des fantasy où les méchants cherchant à conquérir le monde engendrent la peur en terrorisant les peuples, ici tout n’est qu’extermination. Quand les troupes de l’Impératrice Noire passent, la vie trépasse ! Hazel ira jusqu’à tenter de réveiller les portes de l’Infër, là où gît le mal absolu, pour assouvir sa vengeance, sa soif de destruction.

Face à ses innombrables souffrances, le désespoir s’immisce et ronge petit à petit les cœurs et les esprits. Luther et ses amis devront exhumer du plus profond d’eux-même la force nécessaire pour combattre et survivre. Chacun devra lutter pour sa propre vie, isolé et ne sachant ce qu’il est advenu des autres.

L’espoir est-il vain ? Non, car Graäne, l’arachne, tisseuse de destin, celle qui tend les fils du bien, a fait don d’un étrange symbole à Luther et Arax, tatoué sur leur torse : l’Eclat et l’Obscure, l’équilibre parfait qui nourrit la Lahm, une puissance colossale qui se déverse sur ses ennemis par la volonté de son porteur.

Le second tome des Chroniques de Këradhön nous amène au cœur du combat de chaque personnage inhérent à l’histoire. Les passages défilent à une vitesse surprenante, voir troublante. Souvent l’auteur ne nous dévoile qu’une page du déroulement d’un événement, nous laissant dans une expectative frustrante. Du saute mouton ! Cette sensation faiblit au cours de la lecture, accaparés que nous sommes de découvrir les déchirantes finalités de cette épopée.

Christophe Debien nous avait déjà submergé de noms étranges lors du premier acte et ici nous ne sommes point étonnés d’en découvrir davantage. Au moins avons-nous une carte cette fois-ci nous permettant de placer les contrées et de s’immerger un peu plus au cœur de l’histoire.

L’accumulation de ces nouveaux noms, il faut l’avouer, n’entrave heureusement pas le récit, même si parfois nous prenons quelques secondes pour replacer telle ou telle espèce de monstres dans son contexte premier. L’écriture recherchée et fluide de Christophe Debien y est pour beaucoup. Il a su enrichir son décor, détaillant chaque personnage, si monstrueux soit-il, et chaque lieu. Quand il veut nous faire plonger au cœur des immondices et de la vermine, on s’y croirait !

Une fantasy déchirante, sombre où la profusion d'hémoglobine est omniprésente et si vous aimez ce genre d’histoire sanglante vous serez agréablement surpris.


Note 4/5 


Du même auteur

28 mars 2011

Le Roi Démon

Une très belle découverte, un tome 1 très accrocheur, venez découvrir le monde des Sept Royaumes


Les Sept Royaumes, Livre 1
Le Roi Démon

de Cindy Williams Chima
Editions Castelmore

Sortie en novembre 2010



Présentation éditeur

Les destins de Han et de Raisa feront trembler les Sept Royaumes.
L e jour où Han tombe sur trois jeunes sorciers qui ont mis le feu à la montagne sacrée de Hanalea, il ne soupçonne pas que l’amulette qu’il leur confisque avait appartenu au Roi Démon.
Pendant ce temps, Raisa, héritière du royaume de Fells, a d’autres batailles à mener : elle a seize ans et la reine, sa mère, veut la marier.
Forte tête et éprise de liberté, la princesse a d’autres ambitions.… La rencontre de Han et de Raisa réveillera les forces obscures qui avaient mis les Sept Royaumes en péril à l’époque du Roi Démon, menaçant de nouveau l’équilibre du monde.


Mon avis

La légende raconte qu’il y a mille ans de cela la reine Hanalea combattit le roi Démon et le vainquit. A la suite de cet affrontement, une décision fut prise : La Rupture, l’interdiction de mariages entre la lignée des reines du Loup Gris – descendantes d’Hanalea - et les Magiciens, dont le Roi Démon était le plus puissant des membres. Une séparation des pouvoirs nécessaire à l’équilibre des Sept Royaumes.
Ceci est la légende et comme toute histoire, on est en droit de se demander si elle est fondée sur La vérité…

Han Alister, appelé aussi Gourmettes, à cause de ses bracelets d’argent, est un enfant de la rue, longtemps connu pour ses frasques en tant que chef des Chiffonniers, une bande de jeunes voleurs et rois de leur quartier. Pour protéger sa jeune sœur et sa mère de terribles représailles, il décide de quitter sa bande et de gagner sa vie honnêtement. Une rencontre fortuite avec des jeunes magiciens va changer son destin. Il se retrouve avec une amulette verte qu’il a prise des mains de Micah Bayar, fils du Haut Conseiller des magiciens, alors que ce dernier tentait de jeter un sort à son ami Danseur. S’il avait su que tout basculerait à cause de cet artefact puissant…

Raisa est la prétendante au trône de Fells, la couronne n'étant donné qu'aux filles. Son seizième anniversaire approche et par la même occasion son passage à l’âge adulte. Cet événement attire les héritiers de tous les royaumes, qu’ils soient en guerre ou pas. Le choix du prince consort soulève bien des inquiétudes, les combats dans le Sud étant dans tous les esprits et un mariage avec l’un de ces princes pouvant se révéler néfaste pour l’avenir de Fells.

La reine Marianne aidée du Haut Conseiller des Magiciens, qui la suit comme son ombre, multiplient leurs efforts pour plier Raisa à leur choix. La princesse, dont le père est un puissant marchand du camp Demonai, a plus envie d’aventures que d’un époux imposé. Entre les baisers chargés de magie de Micah Bayar, son attirance pour Amon, son meilleur ami et garde royal, sa rencontre avec l’intrigant Han Alister, la vie de Raisa prend un goût épicé chargé de danger qui lui plait.

Cinda Williams Chima avec ce premier tome nous ouvre les portes d’un monde subjuguant où intrigues, mystères et destins sont le cœur de l’histoire.
Il vous faut savoir que vous resterez très frustrés par ce livre car il n’est que la mise en place de tous les protagonistes, les tenants et aboutissants qui attendent la suite des événements amorcés. Et bien que la fin ne soit qu’un début, vous allez vous régaler !

Nous suivons d’un côté les péripéties de Han au cœur de la cité ou dans les camps. Son évolution va se faire lentement mais cela est nécessaire pour l’avenir qui lui sera proposé. C’est un garçon courageux, intelligent et surtout débrouillard mais qui souffre à cause de son identité, ne sachant pas où est sa place.

D’un autre côté, nous avons Raisa future reine qui n’accepte pas son avenir avec toute la docilité qu’on attend d’elle. Cette jeune femme a du caractère et ne se contente pas de son univers de richesses. La fille de marchand est une rebelle qui rêve d’aventures et de voyages et qui au-delà des simples caprices de princesse saura faire face au danger quand il se présentera.

Cette approche de l’auteure nous permet de bien connaître les personnages principaux et nous amène aussi à rencontrer tous les secondaires liés soit à Han soit à Raisa sans alourdir en quoi que ce soit le récit. Une écriture simple, fluide et riche en détails bien ancrés dans la trame font de ce roman une histoire accessible pour tout public.

Vous serez conquis, peut-être pas dès les premières pages, mais plus vous avancerez et plus vous en redemanderez. Venez donc rejoindre les aventures emplies de magie de Raisa et Han sur les pas de la véritable histoire de la reine Hanalea et du roi Démon.


Note 5/5

23 février 2011

Incarceron

Incarceron
De Catherine Fisher
Edition Pocket Jeunesse ( 3 juin 2010 )




Présentation éditeur

Imaginez une prison si vaste qu’elle contient des couloirs et des forêts, des villes et des mers. Imaginez un jeune prisonnier hanté par des visions, certain qu’il est venu de l’Extérieur, bien que la prison ait été scellée pendant des siècles.

Imaginez une fille dans son manoir, évoluant dans une société futuriste construite pour ressembler à une ère passée (17ème siècle), condamnée à un mariage arrangé qui l’épouvante.
Elle ne sait rien d’Incarceron, sauf qu’elle existe.

L’un est à l’intérieur, l’autre à l’extérieur. Mais les deux sont emprisonnés.

Mais vient le moment ou Finn à l’intérieur d’Incarceron, et Claudia à l’extérieur, trouvent simultanément une clé grâce à laquelle ils peuvent communiquer… C’est ainsi que le plan d’évasion pour Fin apparaît !

Mon avis

Incarceron vous promet une immersion dans un monde complexe et irrationnel.
Une fantasy loin, très loin des sentiers battus qui nous plonge dans un univers carcéral pour le moins étrange. Imaginez un soupçon de Matrix et une louchée de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet pour leur film « La cité des enfants perdus ». Voilà à quoi ressemble ce roman au niveau du décor, de l’ambiance, et pour le raisonnement personnel.

Incarceron a été conçu à son origine pour être un paradis pour les criminels, pour qu’ils puissent y trouver une rédemption et devenir meilleurs. Mais la réalité est tout autre et c’est face à un monde lugubre, sans limites apparentes que les prisonniers doivent survivre. Dans Incarceron rien ne se perd et personne ne s’échappe ! La vie y est un enfer, une montagne de souffrance et de cruauté. Finn, jeune homme sensible mais débrouillard vit parmi eux, au milieu de la puanteur et des immondices. Pour beaucoup il est le prophète, celui qui voit. Lors de ses crises qui le déconnectent de la réalité carcérale, il entrevoit des images, des scènes qui ne peuvent pas se passer dans la prison. Mais la question est de savoir si ces flashs sont le reflet d’un désir profond de liberté ou réellement issus de son passé, Finn ne se souvenant pas de sa vie au-delà de ces trois dernières années !

A l’extérieur la vie est bien différente. Le Protocole en rigueur oblige les gens à vivre comme à l’Epoque, adoptant les us et coutumes du XVIIIème siècle. Dans ce monde de technologie où un crayon laser vous efface les rides, où vivre deux cents ans est un âge normal, devoir se plier aux rudes exigences d’une vie moyenâgeuse demande de la discipline. C’est dans ce monde que vit Claudia, fille du directeur d’Incarceron. La jeune femme est persuadée que son premier fiancé, le prince Gilles n’est pas réellement mort mais plutôt infermé dans la prison. Mais forcée de se marier très rapidement avec le second prince, Caspar, pour suivre les plans de son père et accéder au trône, elle va tout tenter pour trouver l’accés d’Incarceron et trouver Gilles.

Un roman déconcertant tant par son univers que par le rythme imposé par l’auteur. Nous voilà transportés pendant quelques chapitres ne songeant qu’à l’issue possible pour nos amis puis d’un coup nous sommes contrariés par la longueur délibérée d’autres passages. L’auteur prend un malin plaisir à nous faire languir. Nous croyons voir le bout du tunnel mais l’espoir se noie plus en avant, s’engouffre plus dans la douleur et la noirceur de la prison. Les personnages vont souffrir et puiser au fond d’eux-mêmes des forces qu’ils ne soupçonnaient pas. Ils vont en quelque sorte se découvrir et se trouver face à leur véritable nature.

Grâce à une écriture simple et agréable, nous apprivoisons au fur et à mesure cet univers particulier et finissons par être happés par le récit. Nous retrouvant d’un passage à l’autre soit en compagnie de Claudia soit avec Finn, nous finissons par adopter le rythme voulu par Catherine Fisher, et constatons que c’est réussi car nous ne nous sentirons comblés qu’avec le mot de la fin.

Un décor atypique, un suspens prenant, la question de savoir qui est réellement emprisonné, voilà une fantasy qui sort de l'ordinaire et qui pourra plaire aux adeptes du « décalé ».


Note 4/5


Du même auteur

Incarceron, Tome 2 : Le cygne noir

Incarceron
Tome 2 : Le cygne noir
de Catherine Fisher
Editions Pocket Jeunesse


Sortie le 21 octobre 2010 amazon
Prix : 13, 50€
Format semi-poche


Présentation de l'éditeur

Finn et Claudia sont tous les deux à l'Extérieur. Leur relation est orageuse. Finn ne se pardonne pas
d'avoir laissé Attia et Keiro dans la prison, et Claudia est déçue de voir Finn se morfondre. Quoi qu'il en soit, les voilà obligés de reprendre la fuite ensemble : la reine qui prétendait accepter Finn comme héritier, leur a tendu un piège… Pendant ce temps, dans la Prison, Attia fait la connaissance du mage Rix qui possède un précieux gant de Sapphique. Malheureusement, elle et Keiro ne sont pas les seuls à le convoiter pour passer à l'Extérieur. Le directeur a eu la même idée et surtout, la Prison elle-même a décidé de se fabriquer un corps et de voler le gant afin de s'échapper de sa propre enceinte. Si elle y parvient, les prisonniers ne seront plus seulement livrés à l'horreur et au chaos… ils mourront tous.

Mon avis

Troublant au point de ne pas trouver le sommeil, enfermés avec nos héros dans ce monde étrange mi-organique mi-électrique… Du repos ? Que lorsque nous saurons la fin !
Incarceron est toujours là, épiant de ses yeux rouges chaque prisonnier, tourmentant ses ennemis et échafaudant un plan machiavélique où le sort de l’humanité va se jouer…

Toutes les vérités, tous les doutes que nous avions, toutes les questions que nous nous posions auront leurs réponses dans ce tome. Tout deviendra clair, limpide et cet étrange monde nous paraîtra plus proche du nôtre que nous n’aurions pu l’imaginer.

A l’extérieur, nous retrouvons Finn – le prince Gilles soit disant mort - l’évadé qui doit devenir roi, Claudia la fille du directeur plus troublée, plus incertaine mais aussi plus dure et enfin Jared, maître Sapienti qui sera le ciment du groupe défensif. Ceux-ci luttent pour le trône qui revient de droit à Gilles. Mais leur quête est aussi de nature plus profonde : abolir le Protocole et laisser enfin le temps reprendre ses droits sur la vie.
A l’intérieur, nous suivrons Attia, la jeune esclave sauvée par Finn, Keiro son frère d’armes, mais également le Directeur et Rix, un magicien gardien du gant de Saphique. Incarceron sera de la partie, plus présente, plus odieuse et plus assoiffée de liberté que jamais, son but étant de trouver ce gant par tous les moyens.

C’est une lutte de chaque instant que vont livrer nos amis qu’ils soient dans ou en dehors d’Incarceron. Pour préserver le trône de la Reine et rester figés dans l’Époque, les ennemis vont user de tous les stratagèmes. Finn devra prendre sur lui, forger son caractère et accepter les doutes suscités dans les deux camps quant à sa véritable identité.
De leurs côtés Attia et Keiro ne seront pas en reste et c’est leur vie qui sera en jeu à chaque pas. L’animosité est toujours présente entre eux et malgré leur but commun les tensions vont s’accumuler, leurs divergences s’accentuer. Que vont-ils devenir ? Amis ou ennemis ? Et le Directeur, quel rôle joue-t-il exactement ?

Les personnages vont être plus approfondis, les méchants très présents et partout. Chaque être de l’Intérieur ou de l’Extérieur semble être un ennemi de Finn et de ses projets, devenir le futur roi. Les gentils sont ambigus nous laissant dans l’expectative quant à leur loyauté. Le doute est omniprésent, et les certitudes fragiles car rien n’est sûr, rien n’est acquis. Et comme pour le premier tome la question se doit d’être posée : qui est réellement enfermé ? Jusqu’où vont les limites de la prison ? Pour le savoir faudra lire ce bijou.

Catherine Fisher nous a mis sous tension durant cinq cents pages. Son talent est présent à chaque ligne, chaque étape mais surtout dans chaque personnage. La trame est parfaite, passant d’un monde à l’autre, d’un groupe à l’autre. Le récit ne s’essouffle pas bien au contraire, à chaque fin de chapitre nous ne pouvons fermer le livre sans en savoir plus. Pas de répit sans le mot de la fin, voilà qui met nos nerfs à rude épreuve.

Un roman ambitieux et superbement bien narré. Riche en personnalités, en décors, l’imagination de l’auteure nous transporte dans chaque recoin sombre et lugubre d’Incarceron mais aussi dans la flamboyance et la richesse du palais royal. Nous nous y croirions !
Amateur de fantasy Incarceon vous attend.


Note 5/5


Du même auteur

Bitterwood

L'Age des dragons
Tome 1 : Bitterwood
de James Maxey

Éditions Le Pré aux Clercs (Avril 2010)




Présentation de l'éditeur

L’Âge des dragons a sonné le glas de l'humanité. Depuis des décennies, les hommes ne sont plus que des esclaves à la merci d'un système féodal cruel.
Bant Bitterwood a consacré sa vie à chasser et tuer les dragons afin de venger sa famille. Sa légende a fait le tour du monde et inquiète depuis toujours le pouvoir en place. Cette fois, pourtant, il a commis un acte qui bouleverse définitivement l'avenir fragile des hommes. Lorsqu'il assassine le fils préféré du roi Albekizan, ce dernier décide d'éradiquer purement et simplement la race humaine. Et dans ce but, il ordonne la construction d'une ville-abattoir où sera exécutée toute la population. Bitterwood, capturé et emprisonné, met tout en œuvre pour soulever la rébellion.
La lutte s'annonce sanglante. Bitterwood mettra t-il fin à la suprématie des dragons, ou bien ne parviendra t-il qu'à mener les humains à leur perte ?

Une histoire rondement menée qui reflète les tourments de notre époque et traite avec subtilité des thèmes de la guerre et du génocide. D'un rebondissement à l'autre, James Maxey nous entraîne aux côtés de personnages hauts en couleurs dans un monde moins éloigné du notre qu'il n'y parait.

Mon avis

Une belle surprise, une découverte surprenante ! Entre dragons tous puissants et humains esclaves réduits à la domesticité voilà un univers qui va ébranler notre façon de penser.

Plaçons déjà le contexte pour comprendre ce roman. Dans ce monde dirigé par le roi Albekizan, les dragons ont la place d’honneur. Au départ, nous ne savons pas exactement où se déroule l’histoire, si c’est sur Terre ou sur un territoire tout droit sorti de l’imagination de l’auteur. Ce que nous apprenons c’est que les limites de ce royaume sont naturelles avec la mer d’un côté et les montagnes de l’autre. La trame se déroule entre l’année 1070 et 1100 A.D. comprenez « âge des dragons », vu qu’ils sont les maîtres incontestés.
Leur race se divise en trois catégories, les Dragons Solaires, les Célestes et les Terrestres. Les premiers, peu nombreux, sont les dirigeants et ont tous les pouvoirs, leur carrure impressionnante intimant le respect. Les seconds ont accès à des statuts privilégiés comme conseillers du roi, savants ou sorciers et les derniers se cantonnant à des postes comme gardes car ils sont privés d’ailes, plus petits et massifs.
Quelque soit leur race, les dragons parlent, ont une intelligence égale à celle des humains. Ce qui est troublant au départ car nous essayons de nous projeter et de les imaginer avec leurs griffes, leurs gueules et la parole en plus dans des situations parfois très proches des nôtres.

De leur côté, les humains sont des esclaves, des domestiques, allant jusqu’au statut d’animaux de compagnie, mais la plupart sont « libres », mais sous le joug de la royauté, obligés de donner la moitié de leurs récoltes, car après tout ce sont les terres d’Albekizan donc tout lui appartient ! La pauvreté, la misère, la saleté sont omniprésentes. La comparaison avec notre moyen-âge s’impose vu le système féodal en place.

Comme dans toute main-mise seigneuriale il existe des opposants. Mis à part quelques courants religieux diamétralement séparés, un seul homme se lève contre Albekizan, Bant Bitterwood. Nous apprendrons petit à petit d’où lui vient cette haine des dragons.
Le jour où il décide de tuer le fils préféré du roi, le monde dans lequel il vit va basculer. Cet acte va sonner le glas de l’humanité mais peut-être pas seulement celui des hommes…
Certains dragons ne vont pas voir d’un bon œil cette extermination, comme Vendevorex, le sorcier du roi et Jandra son humaine domestique. A eux deux avec l’aide de Bitterwood mais aussi d’une poignée d’humains et de dragons ils vont mettre en marche un vent de rébellion.

Dans cet univers nous allons côtoyer des personnages charismatiques, très intéressants. L’auteur s’attarde longuement sur chacun d’eux mais sans aucune longueur. Leurs caractères, leurs spécificités seront intégrés au récit avec pertinence. Nous apprendrons à connaître aussi bien certains humains que quelques dragons. La nature même de ces derniers nous sera révélée en milieu de trame et notre approche première va être très sérieusement remise en question. Nous serons ébranlés par certaines révélations et voilà que ce monde nous apparaîtra sous un tout autre jour… nombres de certitudes vont tomber et notre intérêt va prendre un tout autre aspect. Une soif de connaissance va s’emparer de nous jusqu’au dernier mot de ce livre !

James Maxey a du génie. A peine fini le premier tome que nous voulons la suite. Car oui tout n’est pas fini au contraire ce n’est qu’un commencement. L’auteur joue de sa plume à merveille et tous les noms et lieux, qui au départ pouvaient effrayer, deviennent accessibles, mémorisables très facilement grâce au déroulement de l’histoire et au style d’écriture.

Ce qui était au départ un roman fantasy va se transformer en un tout autre genre : l’anticipation ! Mais chut… en dire plus serait nuire à la beauté de l’œuvre. Ce livre est si riche que pour en parler il faudrait encore s'attarder alors je n'aurais que deux mots à dire : Lisez-le !


Note 4/5

7 février 2011

Le Puits de l'Ascension

Fils-des-Brumes**
Le Puits de l'Ascension
de Brandon Sanderson

Editions Orbit


Sortie le 13 octobre 2010
Au Québec : novembre 2010
Grand Format / Prix : 25 €



Résumé

En mettant fin au règne brutal et millénaire du Seigneur Maître, ils ont réalisé l’impossible. À présent, Vin la gamine des rues qui a grandi sous l’aile du plus puissant Fils-des-Brumes, et Elend Venture le jeune noble idéaliste qui l’aime doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais à peine ont-ils commencé que des factions hostiles les attaquent, et tandis que l’étau se resserre autour de Luthadel, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir. Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ? Si survivre aux conséquences de sa chute était le vrai défi ?


Mon Avis

Trois mots : justesse, équilibre, harmonie !

Vin a vaincu, cependant… La mort du Seigneur Maître n’était pas une fin mais un commencement. Les nobles, privilégiés sous l'ancien régime, vont être déchus, voir chassés. Les Skaa qui n'ont connu que l'esclavage, voient leur nouvelle liberté comme un fardeau. Comment apprendre à vivre libre au bout de mille ans de servitude ?

Voilà un an que Ludhadel est entre les mains de Vin, Elend, la bande de Kelsier et de l’Assemblée. Pourtant, les ennemis sont aux portes de la ville, et ce sont trois armées, dont une de bêtes sauvages, qui convoitent le pouvoir et l’atium, le métal le plus précieux, qui confère un état de quasi-invincibilité aux Fils-des-Brumes. Chacun sait que la réserve du Seigneur Maître est en ville, mais malgré les fouilles, elle reste introuvable. Mettre la main sur l’atium équivaudrait à devenir le Maître de l’Empire. Des complots, des stratégies, des luttes vont avoir lieu. Mais qui en sortira vainqueur ?

Tout comme pour le précédent, le personnage central du livre reste Vin, la Fille-des-Brumes qui a sauvé l’Empire. Ses pouvoirs, déjà impressionnants auparavant, vont s’accroître. Mais elle est plus que jamais troublée quant à sa position vis-à-vis d’Elend et des autres, ou du peuple. Elle va se chercher, se remettre totalement en question, et ces passages confèrent une intimité bouleversante.
Tout comme le récit, Vin est symbole d’équilibre; petite, menue, elle semble fragile mais lorsqu’elle se bat, sa puissance, sa cruauté sont à l’opposé de son apparence. Elle est à la fois le Yin et le Yang.
Alors qu'Elend cherche un moyen pour repousser les armées, Vin de son côté va enquêter sur Le Puits de L’Ascension, celui-là même qui a donné son pouvoir au Seigneur Maître. Apparemment, seul le Héros des Siècles pourrait sauver le monde en libérant le pouvoir au lieu de se l’approprier. Vin est-elle cette personne ? Le changement dans les brumes semble l’indiquer…

Le destin de tout un monde est entre les mains de ces deux êtres et si leurs choix ne sont pas les bons qu’adviendra-t-il ?

Lors de la lecture du premier tome, L’Empire Ultime, Brandon Sanderson nous a épaté par sont talent, nous embarquant dans un monde aux êtres éclectiques dont certains possèdent des pouvoirs extraordinaires liés aux métaux. Au vue de la perfection de cette œuvre, la question pouvait se poser, le tome suivant sera-t-il à la hauteur ? La réponse est oui, un grand oui ! Avec Le Puits de L’Ascension l’auteur continue sur sa lancée et signe, encore une fois, une perle de l’imaginaire.

Ouvrez ce livre, commencez sa lecture et laissez la magie des mots vous transporter. Brandon Sanderson est un maître. Oui un maître qui manie le verbe avec une facilité déconcertante. En effet, chaque mot, chaque dialogue est juste, à sa place, rien ne manque, rien ne dépasse. Une telle harmonie nous interpelle. Nous dévorons les pages sans que l’appétit ne soit coupé, sans être gavés.
L’auteur nous offre un équilibre parfait entre les différents aspects de l’histoire. Ainsi la profondeur des personnages, la description des décors et l’action ont part égale dans la trame, mêlés les uns aux autres, n’alourdissant pas la narration. Au contraire tout s’emboîte et donne ce sentiment d’harmonie, de fluidité.
Certains personnages ne seront plus présents, mais d'autres tous aussi intéressants viennent agrémenter l'histoire. Qu'ils soient bons, vils, traîtres, humains ou non, tous auront notre attention, tous joueront une part importante de l'histoire. Et quelle histoire ?!

Pour finir, voici 720 pages de bonheur même si nombre de passages sont déchirants. Une harmonie, un équilibre, une justesse : voilà le talent de Brandon Sanderson. Si vous ne connaissez pas, n’hésitez pas et foncez !!!


Note 5/5 




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