24 septembre 2016

Zombitions d'Aurélie Mendonça

Éditions Rebelle
Broché
248 pages
Sortie le 15 décembre 2014
Prix 15€
Présentation de l'éditeur
Depuis le début de l'humanité, la fine fleur des guerrières, les Nécrocides, contrecarrent les Maîtres Zombies dans leurs plans de domination du monde. Jusqu'à la dernière génération, les lignées de tueuses s'en sortaient plutôt bien, et aucune Apocalypse ne fut à déplorer. Puis arrive Evangeline Rose. Née dans une famille où se sont brillamment illustrées toutes les précédentes tueuses, Evy peine à marcher dans leurs pas. Ne devant sa survie qu'à une chance insolente, c'est pourtant sur sa génération que va peser le plan final des Maîtres. Pour son plus grand malheur, elle devrait mettre de côté shopping et écriture de romans pour se consacrer à la mission qui fait d'elle une Nécrocide. Mais allez sauver le monde avec un Microbe dans le tiroir.

Mon avis

Zombitions est un roman fun et plein de peps !

Aurélie Mendonça nous embarque dans la vie mouvementée mais très girly d'Evangeline Rose. La magie coule dans ses veines de Nécrocide, comme dans chaque première fille d'une lignée. Elle a été élevée pour exterminer les zombies au milieu même des humains qui continuent tranquillement leur petite vie sans se douter de quoi que ce soit. 

Mais tuer des morts-vivants n'est pas sa seule passion. Evangeline exécute son talent en parfaite femme moderne. Il est hors de question de sortir de chez elle sans être présentable tout en choisissant une tenue confortable et adéquate pour le combat. Il faut être classe à chaque instant ! 

Et c'est là que le récit devient poilant. L'auteure nous offre des chapitres d'une narration à la troisième personne ainsi que certains provenant du journal intime que doit tenir toute Nécrocide pour que les générations futures puissent être au fait de toute sa vie de tueuse. Dans ces moments-là, on est au coeur de ses pensées et c'est vraiment poilant.

Les personnages secondaires viennent étoffer une histoire bien menée et rythmée. Les combats ne s'éternisent pas, tout comme les scènes intimes, ce qui agréable à lire. La seule note plutôt négative est la fin, un poil trop rapide alors qu'on attend cet événement depuis les premières pages. D'une autre côté, l'auteure, malgré ce dénouement sur les chapeaux de roues, a su être originale.

Zombition est un très bon divertissement. Plus qu'à lire la suite !

21 septembre 2016

Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain






Éditeur Pygmalion
Broché 
224 pages
Sortie le 27 avril 2016
Prix de 16€


Présentation de l'éditeur

« On m'a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m'enfonce une épine dans le pied, décrire l'échauffement d'une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j'ai trop mangé, de l'élancement lancinant d'une carie, mais je suis incapable d'expliquer ce qui me ronge de l'intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n'est en mesure de m'aider. Dieu, la science, la médecine, même l'amour des miens a échoué. Ils m'ont perdue. Sans doute depuis le début.
J ai vingt-neuf ans, je m'appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée. »

Mon avis

Cinq mois après sa sortie et la lecture de ce roman, je me décide à en écrire un avis. En tant que soignante de métier, je me suis retrouvée confrontée à de jeunes patients souffrant de dépression alors que j'étais plongée dans le récit. Sophie Jomain, de part cette magnifique œuvre, m'a aidée à être ouverte, tolérante et à appréhender ce que d'autres jugent vite fait bien fait par confort et facilité. Il m'a donc fallu de long mois pour me détacher de l'histoire et ainsi pouvoir me positionner sereinement.

Quand la nuit devient jour est un livre troublant de bout en bout. On accompagne Camille dans sa décision de vouloir en finir avec sa vie si douloureuse. Car, oui, quand on est face à ses maux du corps et face à l'opacité de ses pensées, ligne après ligne, page après page, jour après jour, on comprend son choix, on imagine le mal-être profond et irréversible dans lequel elle se trouve.

Il est difficile pour autant d'accepter cette décision radicale. On se bat tous pour vivre quand on est bien et que la vie nous apparait belle. Malgré les coups du sort, malgré nos défauts, car on se trouve tous toujours quelque chose qui ne nous plait pas en nous, on est trop gros, trop plat, trop ceci ou pas assez cela... malgré cela, on avance et on continue d'avoir envie d'exister. Camille ne connait pas ce sentiment, cet espoir que, somme toute, il y a de la lumière et surtout de la non-douleur quelque part. La jeune femme depuis toute jeune est mal dans sa peau. Cette souffrance s'est accrue avec les aléas de la vie et le temps, la conduisant fatalement à demander l'aval des médecins belges pour en finir avec son existence remplie de maux en tous genres.

Au travers la plume de Sophie Jomain, on comprend donc tout en refusant. On est balloté entre chagrin et pleurs francs, entre espoir que Camille change d'avis et résignation. C'est un roman sombre et remarquable aussi. Autant l’héroïne est rongée de l’intérieur, comme la gangrène grignote les chairs, autant elle montre une force admirable dans sa volonté d'en finir.

De plus, l'écriture de l'auteure, juste, parfois dure,mais surtout touchante et émouvante, bouscule nos convictions, vient nous prendre aux tripes et nous extirper des émotions vives, brûlantes, l'incompréhension nous mettant en colère. On a envie de secouer Camille, de lui crier que tout n'est pas perdu, que la vie peut être belle, magique, fleurie et douce tout en sachant que ça sera un combat perdu d'avance...

Quand la nuit devient jour est un roman qui ose parler de deux sujets tout de même tabous chez nous, la dépression et l'euthanasie. Et, c'est un livre qu'il faut lire au moins une fois, même si on n'adhère pas, pour se confronter à ce que certaines personnes subissent comme souffrance dans leur corps à cause de leur esprit.


10 septembre 2016

Le village des oubliés d'Henri Courtade

Lucane Éditions
347 pages
Sortie le 11 août 2016
Prix : 20€
Présentation de l’éditeur

Été 1982 : une famille allemande, de passage dans un village du Sud-Ouest est sauvagement assassinée. Vengeance ou coïncidence ? En 1944, les SS avaient massacré les habitants de ce même village. Les survivants se taisent : quelque chose d’inavouable doit rester caché. Mais les morts n’oublient pas, le passé resurgit toujours. Et avec lui, un secret inimaginable.

Mon avis

Henri Courtade nous offre avec Le village des oubliés un roman sombre, d’une noirceur parfois absolue, poignante, de celle qui chavire les sens, qui montre la cruauté impensable et pourtant bien réelle de certains hommes…
 
L’histoire se déroule sur trois plans, dont deux principaux. En premier, tout commence en 1916 dans les terribles et meurtrières tranchées de Verdun : une rencontre au milieu de l’horreur et un acte de clémence dans ce charnier auront des répercussions au-delà de l’imaginable. Nous serons dès lors projetés entre juin 1944 et juillet 1982 dans un petit village français, dont nous ne connaitrons pas le nom.

Alors que le hameau se fait décimer lors de la seconde guerre mondiale, une intrigue apparait avec l’assassinat, quarante ans plus tard, d’une famille allemande, de passage dans ce petit coin oublié avec les années par la multitude. Sauf que les habitants eux, les survivants, n’ont rien oublié… Vengeance ? Haine ? Qui parmi les villageois a pu commettre une telle abjection ?

Henri Courtade nous embarque dans un scénario addictif entre deux époques aux côtés de plusieurs protagonistes tels que Marie, Ferdinand et le jeune Michel, alors âgé de 11 ans en 1982. Chaque fois que l’on croit savoir ou découvrir quelque chose au fil de la lecture l’auteur arrive à nous surprendre pour mieux nous appâter. C’est habilement amené et mené de main experte. En effet, le style d’Henri Courtade s’affine avec le temps pour notre plus grand plaisir même si ici l’histoire n’a rien de joyeux.
Le village des oubliés est un roman qui nous plonge dans les méandres de l’horreur, la trahison, la perdition de l’âme humaine. Beaucoup de passages sont difficiles à lire, amenant une rancœur, un dégout et les larmes parfois pour les lecteurs sensibles.

Mais Le village des oubliés est un livre à lire, surtout ! À lire pour ne pas oublier que pendant l’été 1944, l’armée allemande, alors que les alliés débarquaient, commettait des meurtres à foison en France parmi la population, décimant un village entier, faisant 642 victimes dont quasi la moitié d’enfants...

À lire parce qu’il y a aussi des actes de bravoure, de la beauté et de l’amour dans toute cette horreur.
À lire, tout simplement !

5 mars 2016

Légion, à fleur de peau de Brandon Sanderson


Poche: 224 pages
Editeur : Le Livre de Poche
Sortie le 20 janvier 2016
Collection : Fantasy
Prix de 6.10€



Présentation de l'éditeur

Stephen Leeds, surnommé « Légion », est un homme aux capacités mentales singulières lui permettant de générer une multitude d’avatars : des hallucinations aux caractéristiques individuelles variées et possédant une vaste gamme de compétences très spécifiques. Leeds est investi d’une nouvelle mission : retrouver un corps qui a été dérobé à la morgue locale. Il ne s’agit pas de n’importe qui. Le cadavre est celui d’un pionnier dans le domaine de la biotechnologie expérimentale, un homme qui travaillait sur l’usage du corps humain en tant qu’espace de stockage. Il se peut qu’avant sa mort il ait incorporé des données dans ses propres cellules. Ce qui pourrait se révéler dangereux…


Biographie de l'auteur

Né en 1975 dans le Nebraska, Brandon Sanderson a commencé à publier en 2005 et s’est imposé auprès du public comme l’un des meilleurs auteurs de fantasy de ces dernières années, grâce à son cycle des Fils-des-Brumes et à celui des Archives de Roshar. Auteur de best-sellers traduits en plus de quinze langues, il a été choisi pour conclure la mythique série La Roue du temps après le décès prématuré de son auteur, Robert Jordan.

Mon avis


Brandon Sanderson est un auteur de fantasy connu et reconnu qui nous livre ici le second tome consacré à Stephen Leeds alias Légion. Si vous ne connaissez pas, voici un mélange d'imaginaire, de suspense, de folie et surtout d'humour. Légion, Á fleur de peau se lit facilement, d'une traite car l'histoire est assez courte.

Alors si vous n'avez pas eu l'occasion de lire le premier opus, n'ayez crainte, le roman reste très abordable, agréable et fun. L'auteur en dit suffisamment sur le héros pour que vous soyez happé par la récit. Et quel récit ? Légion est un personnage des plus fascinant. C'est un génie qui peut tout assimiler à une vitesse étonnante. Par ex, il parcoure un livre tout en retenant tout, le moindre détail. Un peu comme le docteur Spencer Reid dans la série Esprits Criminels. Á la différence que Stephen pour réussir à prendre le contrôle de toutes ces connaissances et à s'en servir, crée des hallucinations d'humains divers et variés qui vont être comme une encyclopédie de savoir et l'aider dans ses enquêtes. Chaque « aspect » comme il les nomme est spécialisé dans un domaine. Mais il ne peut au quotidien n'en faire interagir que quatre sous peine de maux de tête.

C'est ainsi qu'accompagné de quelques fidèles « aspects » et alors qu'il accepte de travailler sur un dossier, Légion est piégé et obligé de résoudre le mystère au péril de sa vie. On le suit dans ses recherches au gré des aléas de l’aventure et surtout de ses réflexions qui le font avancer sur la mystérieuse disparition d’un cadavre. 

Le tout est servi avec panache et humour. Surtout de l’humour ! Les dialogues entre Stephen et ses hallucinations voire les échanges entre les « aspects » eux-mêmes sont hilarants et intelligents.

Si vous voulez passez un très bon moment, je vous conseille de vous procurer ce petit roman. Et pour ceux qui n’auraient pas lu le précédent, je pense que la curiosité les poussera à en savoir plus sur Légion !

2 mars 2016

La Proie du Papillon de Stéphane Soutoul


Broché de 416 pages
Éditions : Pygmalion
Sortie le 24 février 2016
Prix : 17€



Présentation de l’éditeur

« Quand une femme frappe dans le cœur d’une autre, elle manque rarement de trouver l’endroit sensible, et la blessure est incurable. »
Pierre CHODERLOS DE LACLOS

Sulfureux. Indécents. Mortels…
Avez-vous déjà entendu parler des Fils d’Éros ? On prétend à mi-voix que ces professionnels de la séduction joueraient avec les sentiments et bouleverseraient la vie de leurs victimes.
Judith de Ringis est une femme d’affaires aussi douée qu’impitoyable. Pour se débarrasser d’une concurrente gênante, elle requiert les services de l’un de ces mercenaires. Marco, dit le Papillon, s’engage à briser sa proie.
Cependant, manipuler les choses de l’amour n’est jamais simple, surtout quand les plus redoutables prédateurs se révèlent, eux aussi, capables d’émotions…


Mon avis

Stéphane Soutoul est coutumier du genre fantastique, et vampirique plus particulièrement, domaines dans lesquels il excelle. Avec La Proie du Papillon il s’essaie au thriller sentimental et ce, pour notre plus grand plaisir !

En effet, il manie avec dextérité le côté intrigue et sensuel, créant une harmonie, un équilibre parfait entre les deux. Nous savons sa plume affutée pour mettre de la tension dans ses histoires et laisser planer ce climat tout du long. Ici, il épate par sa facilité à y intégrer la volupté et ce de manière délicieuse. À n’en pas douter, Stéphane Soutoul étonne et sait se démarquer là où on ne l’attendait pas ! Il n’a rien à envier aux auteurs chevronnés de romances érotiques.

L’aspect le plus intéressant dans ce livre est le choix de la narration. Nous suivons la trame par les yeux et les pensées de Judith de Ringis. Vous vous souvenez de Miranda Priestly, la directrice de magazine de Le diable s’habille en Prada ? Eh bien, notre héroïne n’a rien à lui envier. Judith est une femme puissante, autoritaire, machiavélique et tyrannique. Quand elle désire quelque chose rien ni personne ne peut l’arrêter et elle ne s’embarrasse à aucun moment de scrupules quant au devenir des autres ou aux dommages collatéraux causés par ses envies. C’est assez déstabilisant d’être dans la peau de cette business woman dictatoriale. Mais ça n’en reste pas moins très intéressant et addictif.

Alors maintenant que vous cernez le caractère du personnage principal, imaginez un peu ce qu’elle peut ressentir quand Annie Laurens, auprès de qui elle se fait passer pour sa meilleure amie depuis des années, lui fait de l’ombre professionnellement… Elle voit rouge ! Car, cette rivale a tout pour plaire : notoriété, beauté et bonté par-dessus le marché. Judith s’offre alors les services de Marco DiValto, appelé aussi le Papillon, spécialiste dans l’art de la séduction, pour la détruire. Elle veut ni plus ni moins sa mort !

Le Fils d’Éros va chasser sa proie, séduire et mettre à exécution le plan – plan qui ne va pas se faire en quelques jours - tout en mettant à rude épreuve les nerfs de sa commanditaire chez qui la patience n’est pas une qualité. C’est avec subtilité, beaucoup de psychologie que les pions sont placés. Cela rend le récit un brin sulfureux.

Ces hommes séducteurs, cette société secrète n’a aucune pitié pour ses victimes. Un jeu de sensualité pour mieux piéger les proies. Ce côté diabolique s’allie à merveille avec l’intrigue. Il s’imbrique l’un dans l’autre pour affoler le lecteur au même rythme que Judith de Ringis s’irrite de la situation.

L’autre aspect qui nous rend accro à l’histoire est le fait de dévorer les pages tout en se posant mille questions. Va-t-elle aller jusqu’au bout ? Est-elle aussi perverse ? Marco va-t-il réussir sa chasse ? L’histoire va-t-elle vraiment se finir aussi mal ? Un auteur peut-il donner le beau rôle aux méchants ? Car, il est indéniable qu’on s’attache à cette garce de Judtih, au point qu’on pourrait même la comprendre. Alors qu’elle finisse par gagner, pourquoi pas ! Et, qu’on devine la fin ou non, sachez que sincèrement le plus étonnant et plus intéressant dans ce roman est comment l’auteur va faire pour arriver au dénouement.

Bizarre ou non, le point d’orgue n’est autre que le cheminement du livre. Alors si vous voulez en savoir plus, vite, procurez-vous La Proie du Papillon !


20 février 2016

Bonbon désespéré de Vincent Ravalec

Broché de 170 pages
Sortie le 17 03 2016
Prix 16.90€


Présentation de l'éditeur

Il y a, dans Bonbon désespéré, des notables qui veulent faire revivre une région, de jolies filles en danger, un gourou portugais, un faux trésor, de vrais méchants, et un héros pour les combattre. Il y a, surtout, un écrivain qui n'arrive pas à se faire éditer, mais dont les livres décrivent les choses avant qu'elles n'arrivent. Il en est de même de cette terrible histoire : l'écrivain assiste aux événements dont il connaît par avance le déroulement et se demande s'il doit intervenir, et si oui, comment ? Car on ne peut changer ce qui est écrit… Sauf qu'on se demande si le lecteur n'a pas son mot à dire dans le déroulement de l'histoire.
Cela se passe dans un trou paumé où, sur la place de l'église, trône un gigantesque bonbon. Polar trépidant avec une pointe de fantastique, roman d'aventures où les destinées banales acquièrent une épaisseur tragi-comique, Bonbon désespéré s'avale comme une sucrerie délicieusement acidulée.
Mon avis
Voici une drôle de virée que de parcourir Bonbon désespéré ! Le synopsis original, voire déjanté, est assez intrigant pour attirer les curieux lecteurs... Et bien leur en fasse car ce roman est très sympathique. On se délecte du déroulement que nous propose Vincent Ravalec : c’est l’histoire d’un écrivain amateur dont les récits - non publiés et connus que d’un nombre restreint de personnes - deviennent réalité ! Imaginez-vous écrire le futur sans le savoir...

Ce qui est très intéressant dans ce livre est le fait que Vincent Ravalec ait imaginé un personnage plutôt banal de prime abord : Origène Pildefer, bibliothécaire de métier et aussi auteur. Ce qui le différencie des autres entités mises en place dans cette œuvre, mais aussi de tous ses confrères par delà le monde, c’est qu’Origène écrit des histoires fictives mais qui dans la vie vont devenir vraies ! Personne ne le sait à part lui.

Il est troublé, perturbé que ses précédents romans - et précisons à nouveau, non publiés - soient devenus de vrais faits divers dans les journaux nationaux. C’est alors que prenant le métro, il se retrouve par hasard aux côtés de Mathilde et de Samantha, deux de ses propres personnages de son dernier roman... Il n’y tient plus. Décidé à voir si la fiction va devenir réelle, il va retrouver tout son monde - entendez ses personnages - à Château-Les Églantiers. Car, Origène, a écrit une fin funeste. Le drame de sa fiction va-t-il se jouer vraiment ?

Lors des premières pages, chaque personnage du roman d’Origène est présenté dans de courts passages. Et nous virevoltons ainsi de l’un à l’autre frustrés d’en savoir si peu sur chacun d’eux. Cela a au moins le mérite de nous tenir en haleine et de nous faire tourner les pages avec avidité. Car nous naviguons sur deux plans : les êtres humains réels que nous décrit Vincent Ravalec et ces mêmes personnes dont l’avenir proche est déjà écrit par Origène.

L’auteur nous offre donc une pléiade de protagonistes bien différents et parfois étranges. Tout ce petit monde va se retrouver dans le même patelin paumé, Coumeyrac, et plus précisément à Château-Les Églantiers pour un dénouement plutôt déroutant, sombre comme l’a imaginé Origène en écrivant la fin de son roman.

Tout va-t-il vraiment se dérouler comme sous sa plume ? Et, si c’est le cas, comment éviter le drame à venir ?
Si vous voulez le savoir il vous faudra parcourir Bonbon désespéré. Un livre à lire assurément !

31 janvier 2016

Le verre à moitié vide de Sylvie Tellor


Format Kindle
Taille du fichier : 1492 KB
Nombre de pages : 229 pages
Éditeur : S. T janvier ellor
Sortie :  18 janvier 2015
Prix : 3,99€


Présentation de l'éditeur

Juliette est une pétillante parisienne de vingt-neuf ans, mariée et sans enfant. Malgré un mari absent et un quotidien professionnel peu passionnant, elle fait partie de ces filles qui évitent de se poser trop de questions. Plutôt que d’assumer pleinement sa vie d’adulte et de faire face à ses problèmes, elle préfère mener une vie insouciante au gré des cocktails partagés avec ses amis dans les bars parisiens. Jusqu’à ce week-end à Deauville où, sans qu’elle sache exactement comment elle en est arrivée là, l’équilibre de sa petite vie bascule. Une rencontre avec Marc, un regard un peu plus appuyé qu’il n’aurait dû l’être…et un voyage professionnel tumultueux en Thaïlande, vont entraîner Juliette dans la profonde remise en question qu’elle se refusait jusque-là.
Amoureuse, touchante et émouvante, amie fidèle mais égoïste, névrosée jusqu’au bout des ongles, Juliette ne sait plus très bien comment remettre de l’ordre dans sa vie. D’ailleurs, en a-t-elle vraiment envie ?

Mon avis

Voici une chick lit française plutôt sympathique. Sylvie Tellor nous fait évoluer dans la vie bien rythmée de Juliette. Entre son boulot, sa zumba, ses amis et ses sorties nocturnes parisiennes, on peut dire que son quotidien est bien rempli.

Son mari, un homme amoureux fou de sa chère et tendre, est trop souvent absent, pris par son poste de chef dans un restaurant. Malgré cela Juliette aurait tout pour être heureuse si ce n'est que son caractère égocentrique, hypocondriaque et quelque peu psychotique va lui jouer des tours. Elle préfère se noyer trop souvent dans l'alcool pour fuir un mal-être qu'elle refuse de regarder en face. Alors quand sa petite vie tranquille bascule avec l'arrivée de Marc, Juliette ne va se centrer que sur sa petite personne, faisant de ses soucis et préoccupations le centre du monde.

Au travers cette agréable et plutôt rigolote chick lit, Sylvie Tellor plonge le lecteur dans les méandres de l'adultère. Nous accompagnons Juliette dans ses questionnements et ses dérapages. La jeune femme tente de lutter le plus souvent mais l'irrésistible Marc viendra toujours  se rappeler à son bon souvenir faisant tomber à l'eau ses bonnes résolutions.

Jusqu'où ira-t-elle dans cette relation illégitime ? Comment s'en sortira-t-elle ? Et Thomas, son mari dans tout ça ? Autant de questions qui nous poussent à continuer la lecture et suivre les aventures de cette pétillante jeune femme à qui on mettrait bien des claques quand même...

Sylvie Tellor, au-delà de la simple liaison extra-conjugale, embarque le lecteur dans la vie trépidante des personnages secondaires. Nous suivons ainsi les déboires amoureux de Mimi et de Clément, ses meilleurs amis. Nous l'accompagnons aussi dans son ascension professionnelle via les voyages qu'elle doit entreprendre. Ces parties de l'histoire viennent enrichir la romance et alléger le côté non conventionnel qui bouscule le lecteur dans ses principes moraux.

L'écriture est légère, drôle. On lit ce livre comme si on suivait les pensées de Juliette, une sorte de journal intime, ce qui fait que certaines tournures de phrase nous semblent bizarres parfois. Un style qui aurait pu être une peu plus fluide.

Le verre a moitié vide est donc une chick lit plaisante qui se lit rapidement et permet une lecture légère pour quelques heures.

24 janvier 2016

Le cycle de Drenaï - Légende de David Gemmell


Broché à 20€
Parution : novembre 2000
Éditeur : Bragelonne
Format 15cm x 24cm
Nombre de pages 368


Présentation de l'éditeur

Druss est une légende.
Ses exploits sont connus de tous. Mais au lieu de la richesse et de la célébrité, il a choisi de vivre retiré loin des hommes, au sommet d'une montagne, avec pour seuls compagnons quelques léopards des neiges. Là, le vieux guerrier attend son ennemi de toujours, la mort.
Dros Delnoch est une forteresse.
C'est le seul endroit par lequel une armée peut traverser les montagnes. Protégée par six remparts, elle était la place forte de l'Empire drenaï. C'est maintenant leur dernier bastion, car tous les autres sont tombés devant l'envahisseur Nadir.
Son seul espoir : le vieux guerrier. 

Mon avis

Légende est le premier roman de David Gemmell, publié en VO en 1984. Et pourtant, de nos jours, il est le septième tome du Le cycle Drenaï* qui comprend douze ouvrages. Pour ne pas faire crier au scandale les puristes, on va s'arrêter ici dans l'explication de cette vaste épopée qui relate l'histoire de divers héros dont les routes se croisent dans les différents livres.

Revenons à Légende. Ce tome, qui peut se lire très bien indépendamment des autres, est une véritable tuerie, une perle dans la littérature fantasy. Dès les première lignes nous sommes happés dans ces contrées imaginaires, très facilement abordables.

David Gemmell met en place tous ses personnages et l'univers avec une habilité étonnante. Il mêle description et action ce qui permet au lecteur de s'immerger dans l'histoire avec une facilité déconcertante. Tout est fluide, abordable et accrocheur. On va de rebondissements en rebondissements sans que jamais le suspense ne cesse. Et le tout est bouleversant d'émotions car l'auteur joue sur divers plans : du comique au drame, de la sensibilité de Regnak par exemple, un des héros du livre, à la dureté de la guerre qu'à déclarée Ulric, chef du peuple Nadir. C'est ainsi, qu'entre sensualité et plans d'actions défensifs, on dévore les pages sans ne plus pouvoir s'arrêter.

Le génie de David Gemmell est de passer de héros en héros. Oui, ils sont nombreux ces personnages qui marquent de leur empreinte l'histoire. On s'attache à l'un puis à l'autre, les découvrant tous avec les qualités et leurs défauts.

Légende est un livre riche, drôle, envoûtant et prenant qui embarque le lecteur dans un univers de fantasy pour quelques heures de pur bonheur. A lire absolument !

*Le cycle Drenaï :
Waylander
Waylander II : Dans le royaume du loup
Waylander III : Le héros dans l'ombre
Druss la légende
La Légende de Marche-Mort
Loup blanc
Légende
Le Roi sur le seuil
La Quête des héros perdu
Les Guerriers de l’hiver
Les Épées de la nuit et du jour

22 janvier 2016

Femme de vikings de Carl Royer


 Broché
256 pages
Editions  La Musardine
Sortie le 14 janvier 2016
Prix de 15€



Présentation de l’éditeur

Seconde moitié du IXe siècle, quelque part dans le comté de York. Terrifiés, bourgeois et paysans se terrent dans leurs villages : partout dans la campagne, débarqués sur le littoral comme chaque printemps, les Danois rôdent, pillent et violent. Emportée par la tourmente, Nora, jeune saxonne encore vierge, découvre le sexe et ses plaisirs face à l’ennemi juré. Les Vikings sont brutaux, insensibles, sans pitié. Pourtant, ils éveillent en elle des fantasmes dont elle n’avait pas soupçonné l’existence. Jusqu’où une paysanne retournée par le stupre peut-elle aller pour assouvir ses pulsions ? Loyauté, honneur, raison… Ces mots ont-ils encore du sens face à l’appel du sexe ?
Le succès planétaire de la série Vikings a remis les Vikings au goût du jour. De nombreux fans, déjà abreuvés de grandes sagas médiévales à la Game of thrones, se régalent de leurs aventures… mais avec souvent un petit regret : celui de ne pouvoir profiter de scènes de sexe souvent simplement suggérées, ou filmées de façon trop pudique.

Carl Royer a décidé d’y remédier en se fixant pour défi, pour son premier roman érotique, de raconter la vraie sexualité des Vikings, sans faux semblants ni censure. Ainsi est né Femme de vikings, une histoire puissamment érotique qui met en scène les fils de Ragnac Lodbrok, chef de guerre Viking du IXe siècle et héros de la série Vikings. Initialement publié au format numérique en six épisodes parus à l’été 2015, la saga a connu un tel succès que nous avons décidé d’en sortir une version papier. A mi-chemin entre un roman médiéval de Ken Follet, une romance historique de Milady, une saga d’Heroic Fantasy et un roman érotique de la Musardine, Femme de Vikings vous dira tout de la sexualité des beaux guerriers barbus et tatoués venus du nord !

Présentation de l’auteur

Carl Royer est auteur, éditeur et scénariste. Il a publié sous son vrai nom plusieurs romans dans le domaine des littératures de l’imaginaire. Amateur d’histoire et d’Heroic Fantasy, il a naturellement choisi la thématique des invasions Vikings, passionnante et brutale, pour cadre de son premier roman érotique.


Mon avis

Carl Royer nous plonge dans les coins de York, au IXe siècle, lors d'une invasion viking sur les terres saxonnes. L'histoire commence dans un petit village avec Nora, une jeune femme de vingt ans, fille d'un paysan bourru et à la main leste. Vierge et somme toute naïve, elle va succomber au charme du physique bestial, carré, musculeux d'un viking fait prisonnier et exposé nu au cœur même du village.

N'y tenant plus, une nuit, où la fièvre de son corps affamé de volupté la tourmente, elle s'offre à ce barbare, là sur la place publique, dans la boue, sans pudeur ni aucune peur. Dès lors commence une quête des plus folles : celle du sexe avant tout. De jeune vierge, Nora devient la plus dépravée de toutes les femmes.

L'auteur nous offre son récit dans un style narratif à la première personne. Dans une bonne moitié du livre, ce sont par les mots et les yeux de Nora qu'on suivra l'histoire. Puis, ça sera au tour de Denisc, guerrier saxon d'une trentaine d'années de nous raconter sa version. Leurs destins sont liés et nous aurons ainsi deux visualisations d'une partie de l'aventure.

Carl Royer ne fait pas que livrer son récit simplement, il y a mis le ton : on lit le livre avec le vocabulaire et le phrasé d'une paysanne du IXe siècle. Il faut avouer que ce langage familier, rural, vulgaire peut déstabiliser le lecteur. C'est très particulier ! Alors certes, cela nous met vraiment au coeur de l'action mais la lecture n'en est pas naturelle très souvent.

Par contre cette narration parlée correspond parfaitement au tempérament des personnages principaux. Ce choix ajoute du poids aux actes et aux scènes. Et quelles scènes... ?! Une sexualité barbare, pleine de débauche mais aussi de liberté. Carl Royer ne mâche pas ses mots pour décrire l'action aussi bien dans la perversion que dans la guerre, bien que pour cette dernière on aurait un peu plus de moments de boucherie, de détails sanguinolents, un peu plus de passages.

Pour beaucoup de lecteurs, il va être difficile d'aimer Nora. En effet, cette femme est la concupiscence même. Jamais il ne m'a été donné de lire une telle faim de sexe, et pourtant j'en ai lu des romans du genre. Non, Nora elle, elle bouscule tout. Elle est ce que chaque femme moderne s'interdit de part l'éducation, la bienséance de l'humanité de ces derniers siècles. Pour elle, plus il y a de sexe, plus il y a de partenaires, plus elle se retrouve humiliée, catin parmi les catins, plus elle vit, plus elle aime ça. C'est assez particulier à lire et à comprendre parfois.

Le langage de l'auteur sur ces moments libidineux est à la hauteur du reste, brut, sans fard, vulgaire mais il va avec l'histoire, l'époque, les personnages. On ne lit pas Femme de vikings pour y trouver du glamour, de la tendresse ou de la normalité. Non ! On lit ce livre pour s'intéresser à un genre, à la façon de vivre le sexe dans une civilisation. Et, à la fin, on se rend compte qu'on a lu et continué ce roman pour voir jusqu'où irait Nora... et là... croyez-moi... Non, en fait vous verrez si le livre vous intéresse.

Plusieurs aspects offrent un vide au récit. L'un d'entre eux repose sur la partie anatomique féminine de Nora. Ainsi, bien qu'elle se vautre dans la luxure du début à la fin du livre avec des centaines de partenaires, jamais il n'est question d'infertilité. Et, aussi, que devient-elle pendant une dizaine d'années ? Comment s'est-elle adaptée à cette vie parmi les vikings, pour finir par parler leur langue et même devenir reine ? Autant de questions qui restent sans réponse et qui auraient amené un peu plus de profondeur au roman pour que celui-ci ne reste pas ancrée juste sur le stupre

Comme dit un peu au-dessus, il manque aussi peut-être un peu plus de vikings pour ce qu'ils sont. Leurs us et coutumes, la description de leur sauvagerie lors des attaques. Ne les a-t-on pas appelés les barbares depuis tous temps ? Il manque cela pour donner un peu plus corps au roman. Surtout qu'avec la partie sur Denisc cela aurait possible. Mais bon, après tout c'est une histoire publiée chez La Musardine et non une fiction historique !

Femme de vikings à lire pour les amateurs d'aventures crues, dures et sans aucun tabou.


20 janvier 2016

Morphine Monojet de Thierry Marignac




Format : broché
Pages : 156
Editions : Le Rocher
Sortie : 25 janvier 2016
Prix : 18,90 €

Présentation de l’éditeur

Fin des années 1970. Trois mousquetaires en manque et fauchés, Al, Fernand et le fils perdu, s’engouffrent dans Belleville, entrelacs de ruelles, de taudis promis à la démolition, et haut lieu du commerce de l’héroïne. Leur expédition crépusculaire les mène dans un bouge où ils tentent, sans trop y croire, d’obtenir à nouveau du crédit auprès de leur dealer.

Leur affaire semble mal engagée, mais Fernand retrouve là Jackie, une belle Orientale accro et mélancolique, fille d’un diplomate anglais. Celle-ci propose de les dépanner et ramène le trio chez elle, où Al, le plus incontrôlable des trois, découvre et dérobe, dans la collection privée du pavillon paternel, son propre Graal de camé : un authentique Morphine Monojet de la seconde guerre mondiale - une seringue à coup unique, dose de cheval pour le soldat blessé, mutilé, agonisant. La promesse pour Al de la meilleure défonce de sa vie ?


Mon avis


Thierry Marignac nous offre ici un roman sombre sur le monde des camés de la fin des années 70.

Dans un Paris ombreux, on suit un trio d'amis d'infortune dans les méandres d'une vie régit par l'héroïne. L'argent, le manque, la dose à tout prix, n'importe quel prix... voilà le quotidien de ces jeunes pris dans la tourmente de cette drogue. Kaléidoscope d'instants allant du plus lumineux - le shoot, l'envol - au plus obscur - carence, suées, folie menant l'homme à la bassesse.

Ce genre de roman nous montre aussi bien le meilleur de l'âme humaine que le pire que puisse faire un être accro... perte d'égo, de fierté, vols, mensonges, duperie pour quelques grammes de poudre.

C'est ainsi que croisant la route  de Jackie, jeune femme issue d'une milieu aisé, les trois compères finissent dans un salon cosy à sniffer de la poudre gracieusement offerte la par leur hôtesse. Planant à dix mille pieds, Fernand et le fils perdu, filent le pas de leur nouvelle déesse pour se faire un jus laissant leur ami seul dans le salon. Al... le plus filou de tous, celui qui n'a pas de scrupules quand il s'agit d'y voir ses futures doses à l'horizon. Et quoi de plus tentant que le Morphine Monojet du père de Jackie exposé devant ses yeux ébahis ?! Commence dès lors une course poursuite...

L'histoire est addictive pour les amateurs de ce monde ténébreux et glauque. Par contre, il est bon de préciser que l'écriture est alambiquée, élaborée, voire noble. Les descriptions sont dans un style soutenu tout en côtoyant un côté fluide et accrocheur.

Morphine Monojet, un livre, comme ses personnages, aux multiples facettes !

9 décembre 2015

L'éveil de l'ange d'Éva Delambre



Format Kindle : 10,99€ / Broché 16,00€
Broché: 368 pages
Editeur : TABOU 
Sortie : 27 novembre 2015
Collection : Les jardins de Priape



Présentation de l'éditeur

Solange aime écrire, mais elle doute de son talent. Beaucoup trop selon son amie Axelle qui lui déniche un travail un peu spécial : rédiger les mémoires d'un dénommé Tristan Bussy ; et pour ce faire, résider dans sa propriété.
Solange finit par se laisser convaincre. Elle était justement à la recherche d un emploi. Sauf que celui-ci va s'avérer particulier. En effet, Tristan Bussy n'est pas un vieux monsieur et ses récits de vie sont d'un érotisme torride. De plus, il attend d'elle une implication très personnelle dans l'exercice d'écriture qu'il lui confie : il faudra qu'elle aussi se dévoile ! Peu à peu, Solange succombe au charme du séduisant quadragénaire, au point de s'engager lentement dans une relation charnelle aux accents de domination et de soumission. Mais elle est traversée de doutes : Tristan la désire-t-il réellement ou n'est-elle que son jouet ? Qu'attend-il réellement d elle ?

Biographie de l'auteur

Éva Delambre est une jeune femme bien dans sa tête et bien dans son corps. De nature passionnée et curieuse, elle assume ses envies et ses penchants. Elle a fait ses premiers pas dans le BDSM il y a quelques années. c'est sa découverte de ce monde et son imagination fertile, associées à sa passion pour l'écriture, qui ont guidé sa plume. Elle est l'auteur de Devenir Sienne et de L'Esclave.


Mon avis

Voici le troisième roman d'Éva Delambre. Comme les précédents, il est centré sur le BDSM et la condition de soumise. Et, comme les précédents, il est une petite pépite du genre.

L'auteure, tout en restant dans le même univers, sait innover et rallier ses lecteurs. Sa plume s'affine et se perfectionne tout en gardant son style tendre, fragile et surtout sensoriel. Dans ce monde qui semble souvent dur, aux mots crus, bruts, où la douleur explose et étincelle, elle garde une douceur et nous transmet une émotivité quasi pure, authentique.
 
Le point fort de ce livre se situe dans la retranscription du ressenti. Éva Delambre nous plonge dans la tête de Solange, l'héroïne, et nous permet de comprendre son cheminement dans la découverte du BDSM. Quoi de mieux que de pouvoir appréhender les sensations, les doutes, les questionnements ?
Solange est une femme à la sexualité lambda qui face aux récits de Tristan s'immerge dans les liens de la domination-soumission et du masochisme. Bien qu'au départ elle ne conçoive pas qu'on puisse s'épanouir dans ce domaine, vu l'ambiance dans cette maison isolée et vu le charisme particulier de son hôte, elle finit par être attirée... le papillon pris dans les phares de cet homme qui sait jouer des mots et des ambiguïtés. Car pour la déstabiliser, il sait le faire ! La subtilité un art de maître.

L'ascension de notre héroïne est très bien amenée par l'auteure. Le fait que le récit se situe sur deux plans est très astucieux. D'un côté, on suit le quotidien de Solange, entre ses appréhensions et ses envies, croissantes. Ces parties se font à la première personne du singulier. D'un autre, on lit les écrits de notre amie, ce pour quoi elle a été embauchée. Ils se font à la troisième personne du singulier, lorsqu'elle narre les mémoires de Tristan. Ces axes différents permettent aux lecteurs de voir le point de vue du maître et celui de la soumise.

D'ailleurs, autre point appréciable du roman sont justement ces séances narrées par le personnage. Celles-ci ne sont pas un étalage de sexe pour du sexe. Éva Delambre écrit chaque fois un récit différent, non pour nous faire lire un énième moment émoustillant, non ! Elle raconte un lien. Elle explique le pourquoi. Chaque instant est différent et tout acte ou geste sexuel est transcendé par les émotions, les ressentis du maître et de la soumise. En fait, tout est question de perception. L'abnégation de la femme fait de l'homme ce qu'il est, lui confère son pouvoir, le tout voulu par les deux parties et qui leur donne une libération psychique totale. L'auteure sait si bien expliquer la profondeur des sensations et émois, qu'on comprend que la soumise sous la domination totale de son maître atteint le paroxysme de sa liberté.

L'éveil de l'ange est un premier tome qui aura une suite. Et c'est, encore une fois, un excellent roman sur le lien si particulier dans le BDSM. Un livre à lire pour les connaisseurs mais aussi les curieux de cet univers riche et passionnant.

21 novembre 2015

Des maîtres de Sylvie Roca-Geris

Format : Kindle
Nombre de pages : 326 pages
Editeur : Erato Editions
Sortie : 10 septembre 2015


Présentation de l'éditeur 

Nouvellement embauchée dans une maison d’éditions parisienne, Carole Clark tombe sous la coupe de ses deux dirigeants. Ces deux dominateurs vont l’initier à la soumission et repousser toujours plus loin ses limites.
Lors d’une soirée, elle rencontre un homme d’affaires sud-africain adepte du BDSM, Paul Van Hoover.
Bien décidé à faire d’elle sa chose, il la fait enlever par ses hommes de main et l’emmène chez lui au Cap.
D’abord réticente, Carole découvre la face cachée de cet homme dur et impitoyable. Lui qui n’était jamais tombé amoureux se surprend à éprouver des sentiments pour la jeune femme. Au point de ne plus supporter de la partager.


Mon avis

Ce livre est pour un public averti !


Il en pleut des ouvrages depuis les fameuses 50 nuances, certains bons et d'autres beaucoup moins. Et donc voici un roman narrant la découverte du monde du BDSM par une jeune femme dite vanille (entendez par là, qui a une sexualité dira-t-on traditionnelle. C'est ainsi que sont perçus les couples ou célibataires non adeptes).

Avec quelques heures de recul, je reste perplexe face à ce livre... L'histoire en elle-même aurait pu être agréable à lire et intéressante d'un point de vue psychologique. Dommage, l'auteure n'a pas pris le temps de laisser les choses s'installer tranquillement.

Carole est embauchée le lundi, le mardi elle se soumet et le samedi la voilà déjà marquée dans ses chairs. L'ascension dans la soumission peut certes se faire rapidement mais delà à accepter les coups, les bleus et les piercings à vifs en 6 jours... cela reste invraisemblable. Cette escalade prend un rythme effréné au point que l'auteure en oublie sa propre trame...

En effet, après ce marquage plus à aucun moment il ne sera question des anneaux mis en place dans la multitude de scènes de sexe. Ce qui est aberrant ! Imaginez-vous des dominateurs découvrant une soumise nue, exhibant des artifices qui se prêtent à la douleur, les ignorer totalement pour ne s'intéresser qu'à l'anatomie de la femme à leurs pieds ?!

La progression fulgurante de Carole en tant que soumise aurait pu être mieux acceptée si on avait eu un peu plus d'elle dans ce livre. La narration à la troisième personne rend impersonnelle la lecture et Sylvie Roca-Geris n'a pas poussé plus avant le côté cérébral, qui est la pièce maîtresse de toute relation dominant-dominé. On aurait aimé connaître les impressions, l'acceptation, à quel moment Carole capitule et pourquoi, ses ressentis intimes profonds, de ceux qui permettent aux lecteurs de comprendre pourquoi elle fuit à un moment et pourquoi d'un coup elle revient.

L'auteure nous laisse souvent sans explication et on avance ainsi de scène en scènes, de plus en plus nombreuses et surtout répétitives. C'est là encore un autre point dommageable au livre. Bien qu'elles soient souvent abrégées, pour ne pas entrer dans une lourdeur compréhensible, elles se ressemblent de trop.

Les coquilles sont aussi de la partie, comme la mise en place d'un préservatif qui disparait dans les dix lignes plus loin. Ou encore les fautes de conjugaison basiques.

Tout cela vient alourdir la lecture et la rendre très difficile alors que la deuxième partie du roman est bien meilleure que la première. Là, l'auteure a su laisser le temps au temps et faire progresser les choses simplement. Le roman y prend un peu d'ampleur.

Si vous aimez les scènes érotiques de BDSM sans vous préoccupez plus avant de l'histoire, juste qu'elle vous émoustille et vous fasse passer deux heures, allez-y ! Par contre, si vous recherchez un livre cérébral sur la domination-soumission, vous n'y trouverez pas votre compte.

10 novembre 2015

La 25e heure de Ferldrik Rivat



Format : Broché
Pages : 446
Éditions : L'Homme Sans Nom
Sortie : 15 octobre 2015
Prix : 19.90


Présentation de l'éditeur 

Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s’interroge sur cette tour que l’impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grands frais, d’étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent !

Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police M. Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux électriques du parvis de l’Opéra Garnier. Mais, depuis l’ombre de ses cabinets, l’homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République.

Pendant ce temps, l’Académie des sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l’obscurantisme.

Mon avis

Feldrik Rivat nous livre ici un roman complexe et riche. Son récit est tout autant captivant que déconcertant. Il nous fascine avec son vocabulaire soutenu et nous déroute avec les directions que prennent son histoire.

L'action se déroule fin 19ème siècle, au cœur de la ville de Paris, alors que celle-ci s'apprête à recevoir l'exposition universelle. Pendant que la Tour Eiffel prend de la hauteur, c'est dans les bas fonds de la capitale et notamment sous deux mètres de terre, en plein cimetières, que d'incroyables événements se produisent : les morts disparaissent... laissant pour seul indice un chrysanthème noir !

Lancés sur l'enquête, Eudes Anatole-Faust Lacassagne et son jeune partenaire Louis Bertillon, vont chasser des ombres. A peine avancent-ils qu'ils ont déjà deux trains de retards. C'est comme quelqu'un se jouait d'eux... Et les guerres intestines entre ministères et services ne vont pas faciliter la tâche de nos amis.

L'auteur a crée un personnage plus que fascinant en Lacassagne. Cet homme est un être complexe, sombre mais surtout énigmatique. Son mode de vie et sa seule présence lui valent d'être respecté des uns et craint des autres. Le jeune et inexpérimenté Bertillon en sait quelque chose ! Il aura bien du mal à se faire accepter et à ébrécher un tant soit peu la carapace de son mentor. Ce duo si dépareillé est un des atouts du roman.

L'autre facteur qui accroche le lecteur est l'environnement de l'histoire. Nous marchons, au gré de l'enquête, dans les rues d'un Paris richement décrit par Feldrik Rivat. Il peint son décor constamment, sans lourdeur et avec raffinement. Le langage est d'époque et tous les détails qui agrémentent le récit sont bien amenés. On est vraiment plongé dans l'hiver de l'année 1888.

Le seul bémol qu'il y aurait à apporter se situe vers la fin. Comme le livre a une suite, on reste complétement en suspend alors que l'enquête a pris un tournant totalement inattendu et perturbant par rapport à la trame initiale. Dire qu'il faudra attendre un an avant d'avoir la suite !

Au final, La 25e heure est une histoire captivante et frustrante, qui nous laisse sur notre faim. Mais c'est aussi un très bel ouvrage magnifiquement bien illustré de part la couverture et sa quatrième. Les chapitres ne sont pas numérotés, la séparation étant faite en cours de page par des petites gravures. Du coup, il n'y a aucune page blanche et donc plus de lecture, plus de plaisir !










13 octobre 2015

Le contrat Salinger d'Adam Langer


Éditions Super 8
Broché, 311 pages
Sortie le 19 août 2015
Prix : 20€

Présentation de l’éditeur

Signez, vous ne risquez rien, ou presque... Journaliste désabusé, Adam Langer retrouve un jour une vieille connaissance : Conner Joyce, auteur de thrillers en perte de vitesse en pleine promotion de son dernier roman. Ce dernier lui confie avoir reçu une offre ahurissante : un homme d’affaires richissime, lui a proposé d’écrire un roman rien que pour lui moyennant une somme colossale. Seule particularité, le contrat s’assortit de certaines clauses assez particulières : 1/ le livre rejoindra la collection privée d’exemplaires uniques de l’homme d’affaire, pour lequel ont déjà travaillé des écrivains aussi prestigieux que Thomas Pynchon, Norman Mailer ou J. D. Salinger... et n’en sortira jamais. 2/ Le propriétaire se réserve le droit d’exiger de l’auteur quelques modifications de son cru. 3/ l’accord doit rester absolument secret. Bientôt, et tandis qu’un Conner visiblement aux abois s’obstine à tout raconter à son ami – lequel se passerait bien de ces révélations –, l’histoire prend une tournure des plus inquiétantes : l’offre n’a évidemment rien de philanthropique, et le contrat désormais signé aura des conséquences imprévues.

Mon avis

Une pépite !

La quatrième de couverture pose très bien l’histoire. En rajouter sur le déroulement du roman serait gâcher le plaisir du lecteur. Et alors que le résumé est très alléchant, on ne rentre vraiment dans l’intrigue que vers le premier tiers du livre. Ennuyant ? Non ! Au contraire. Chose incroyable, le récit est vraiment captivant.

Adam Langer a un style narratif addictif. Sa vision du monde littéraire ainsi que son approche de sa propre vie d’auteur oublié et non inspiré est un aspect très intéressant pour nous lecteurs. Cela donne l’impression de rentrer dans l’intimité de ces hommes et femmes qui nous font rêver par leur plume. On se rend compte qu’ils sont des êtres comme nous avec les mêmes petits tracas quotidiens. Cela nous rend le personnage d’Adam Langer encore plus sympathique, lui qui est devenu l’homme à tout faire de la maison, surfant sur des blogs de cuisine et préparant de bons petits plats pour sa famille pendant que sa femme part travailler.

Alors qu’on suit l’auteur dans ses questionnements personnels arrive petit à petit et avec beaucoup de talent l’intrigue sur ce fameux contrat que Conner Joyce vient de signer avec un certain Dex…

Toucher des millions pour écrire une histoire que pour un seul lecteur, un exemplaire unique, sans copie, sans trace et qui doit surtout rester secret… Voilà une proposition étrange. Ce mécène d’un genre particulier et son garde du corps ne semblent pas être des enfants de cœur. Mais, l’appât du gain, en cette période difficile pour Conner, prend le pas sur les doutes. Sa vie, dès lors, va prendre un tournant infernal et surtout, semble-t-il irréversible.

Il se confie donc à Adam Langer, au fil de leurs rencontres. Nous suivons l’intrigue lors de leurs discussions. Nous avançons d’un pas tranquille pour comprendre le tout. C’est délicieusement frustrant ! Le narrateur, qui n’est autre que l’auteur, nous déploie sa toile au fur et à mesure que Conner la tisse. Et quelle toile ! L’histoire est remarquable de bout en bout. Les personnages anodins prennent une importance capitale chacun leur tour. Le tout est rondement bien mené, pensé, écrit !

Franchement une de mes meilleures lectures de ces derniers mois ! Quoi de plus intéressant pour nous amoureux des livres que de plonger dans l’univers littéraire, de bibliothèques interdites, de voir qu’un livre peut changer des vies, de prendre conscience du pouvoir des mots habilement liés qui donnent un tout qui fait rêver ou qui devient réalité.

A lire absolument !

5 octobre 2015

Night owl, tome 1 : Long night de M. Pierce


  Éditions : Hugo Roman
Collection : New Romance
Broché, 326 pages
Sortie le 2 septembre 2015
Prix : 17 €

Présentation de l’éditeur

Night Owl est le premier volet d’une trilogie érotique provocante où un partenariat d’écriture anonyme en ligne se transforme en une obsession passionnée incontrôlable. À vingt-huit ans, Matt Sky a une vie parfaite. Il a une belle petite amie, il a hérité d’une véritable fortune, et il a déjà écrit quatre best-sellers sous le pseudonyme de M. Pierce.

À vingt-sept ans, Hannah Catalano a été victime d’un accident de train. Son petit ami est un looser fauché et elle déteste son boulot. Matt et Hannah se rencontrent sur le net en tant que partenaires d’écriture. Leur relation est platonique et innocente...

Jusqu’à ce que Matt voit une photo d’Hannah. Ce portrait de la jeune femme suscite une irrésistible attraction sur lui. Et lorsque les circonstances les amènent à se rencontrer, Matt et Hannah vont vivre une histoire d’amour passionnée, émouvante, inoubliable, incontrôlable et imparable.


Mon avis


Long night est une histoire d’amour avant tout érotique pour lecteurs avertis. Le livre surfe sur la vague des romances teintées de soumission qu’on trouve à la pelle en ce moment sur les étales de supermarché. S’en démarque-t-il ? Je ne sais pas, je n’ai pas lu les autres. Pourquoi celui-là ? Parce qu’on me l’a donné, autant en profiter !

Mais alors, qu’en est-il de mon avis ?

On peut dire que Long night se divise en deux grandes parties, même si elles ne sont pas visibles ou signalées. La première, qui correspond à la moitié du roman, nous plante le décor et fait se rencontrer les personnages.

Au départ, Hannah et Matt, qui ne se connaissent pas, écrivent une nouvelle fantastique à quatre mains. Leurs échanges aboutissent un soir plus qu’un autre à un jeu sexuel virtuel. Cette petite aventure, somme toute soft, va devenir leur centre d’intérêt, leur tout. Accros l’un à l’autre en quelques mots érotiques, excitants échangés, ils vont se téléphoner puis finir par se rencontrer.
Cette partie du livre est chargée de scènes sexuelles brutes, grossières le plus souvent, qui peuvent être déroutantes pour certains tant l’héroïne accepte la domination de Matt avec facilité - n’oublions pas qu’ils sont de parfaits inconnus l’un pour l’autre. Ce déferlement de lexique vulgaire peut en freiner plus d’un dans son élan de lecture. Bon, après tout, dans la vie on en dit tous, alors pourquoi pas.

Heureusement, l’auteur a su changer le cap de son récit ! Ouf… c’était moins une ! La seconde partie du livre devient plus sombre. Ainsi, nous est révélé le passé de Matt et tous les démons qu’il a combattu et qu’il va devoir encore combattre. Ce personnage brutal, exécrable mais surtout le plus souvent paranoïaque apporte une autre dimension à l’histoire, l’étoffant et nous poussant à lire la suite.

Hannah, quant à elle, aurait mérité qu’on s’intéresse un peu plus à son caractère et sa personnalité. Cette fille aux abords faciles est dotée d’une culture générale et littéraire étonnante et d’un physique ravageur, mais se retrouve effacée devant le ténébreux et énigmatique Matt alias M. Pierce auteur de renom. J’aurais aimé en savoir plus sur elle. J’ai le sentiment qu’on survole son personnage.

Ce qui est agréable et allège les parties de jambes en l’air et les crises existentielles des tourtereaux est l’alternance de chapitres sur la vision de chacun. L’écriture est fluide, simple et rythmée. On passe assez vite les pages tout de même.

Au final, Long night est un roman érotique sympa mais sans plus pour ma part !

3 octobre 2015

L'ombre de Stephen Lloyd Jones


Format : Broché
Pages : 535
Éditions : Éditions Super 8
Sortie : 15 janvier 2015
Prix : 19 €



Présentation de l’éditeur

Ne faites confiance à personne. Elle fuit. Elle est terrifiée. A l’arrière de la voiture, sa fille de sept ans dort paisiblement. Sur le siège passager, son mari se vide de son sang. Lorsqu’elle arrive de nuit à Llyn Gwyr, une maison de campagne perdue dans les montagnes arides du Pays de Galles, Hannah Wilde sait que plus rien ne sera jamais comme avant : sa mère est morte, son père a peut-être subi un destin pire encore, et l’implacable prédateur qui s’attaque à sa famille est à ses trousses. Elle ne peut faire confiance à personne. Elle ne doit faire confiance à personne. Désormais elle ne peut plus fuir, et sa seule issue est d’affronter Jakab, un ennemi dont elle ne connaît ni l’identité ni le visage. La littérature du 21e siècle est encore capable d’accoucher de monstres inoubliables : Jakab est vivant, et ne ressemble à rien de ce que vous avez pu connaître. Stephen L. Jones signe, avec un sens consommé du suspense, un roman magistral, qui vous fera douter jusqu’à la dernière page.


Mon avis

Une histoire redoutable qui donne le frisson tout du long !

L’ombre est un roman qui ne laisse que peu de répit au lecteur. Dès les premières lignes nous sommes plongés dans l’action. Hannah Wilde, avec son mari blessé et sa fille, à bord de leur voiture, fuient quelqu’un… un homme… un monstre qui en veut à leur vie !

Voilà, le rythme est donné d’emblée et ne n’essoufflera pas avant la dernière ligne. Stephen Lloyd Jones signe ici un thriller prenant à l’orée du fantastique avec un personnage diabolique qui donne des sueurs froides : Jakab, un hosszú élet. Il nous vient du folklore hongrois, un être métamorphe et doté d’une longévité digne de certaines créatures comme les loups-garous. Mais, tout comme eux, il est mortel et Hannah a bien l’intention d’affronter une bonne fois pour toutes celui qui les poursuit, elle et sa famille, depuis des dizaines d’années.

L’auteur assure un suspense permanent, ne ménageant aucunement le lecteur qui se retrouve, tout comme l’héroïne, face au doute. Entre les scènes se déroulant de nos jours et les flahs back dans un passé plus ou moins lointain, on suit sur plusieurs générations la famille d’Hannah, mais également le parcours de Jakab. Ces coupures du récit présent ne permettent pas de souffler, au contraire, elles nous font découvrir toute la cruauté du monstre qu’est cet hosszú élet.

Au final, L’ombre porte bien son titre. Méfiez-vous ! Il n’est jamais loin et, parfois, bien plus proche que vous ne l’imaginez…

Si vous aimez les thrillers angoissant qui vous font passer par une myriade d’émotions, si vous aimez les folklores sombres d’où peuvent émerger de glauques personnages, foncez acheter ce livre, vous ne serez pas déçu !

28 septembre 2015

La Société, tome 9 : Secrets diplomatiques d'Angela Behelle




Format : ebook
Pages : 256
Éditions : La Bourdonnaye
Sortie : 9 septembre 2015
Prix : 6,99 €

Présentation de l’éditeur

Après plusieurs semaines de coma, Natalia ouvre les yeux sur le plafond blanc d’un hôpital. Son corps ne présente plus que de légères traces du terrible accident dont elle a été victime. Dans sa tête, en revanche, règne le chaos.
Si ses parents s’accommodent visiblement de cette situation, deux hommes sont cependant déterminés à ce qu’elle rassemble au plus vite les bribes de sa mémoire défaillante.
Le premier se présente comme étant son frère, Vladimir. Le second n’est autre qu’un certain Alexis Duivel.


Mon avis
 
Succulent !

Le neuvième tome de la saga La Société est à la hauteur des opus précédents voire même meilleur.
Alors, pour les connaisseurs de la série, il s’agit d’un roman impair ce qui jusqu’à présent impliquait une histoire beaucoup plus épicée. En effet, l’auteur a eu une plume plus romantique pour les numéros pairs. Dans Secrets diplomatiques, cette nuance ne se voit plus autant et c’est d’autant plus agréable car on surfe entre tendresse et tension, entre suspense et volupté.

Angela Behelle allie toujours avec merveille le côté thriller et l’érotisme. Une pointe de l’un avec une once de l’autre, toujours savamment dosées pour ne pas lasser ses lecteurs. De plus, elle a réitéré et joué sur l’interdit, le tabou, l’impensable ce qui amène un côté sulfureux et excitant tout en troublant notre morale. Et, bien qu’on se doute assez vite de la finalité de l’idylle entre Natalia et Vladimir, on n’en reste pas moins accroché à notre livre pour voir comment l’auteur va s’en sortir : avec brio !

Ah, n’oublions pas une autre nouveauté ! Décidément… Les huit précédents tomes étaient tous composés d’une histoire à part entière, une romance érotique sur un couple avec l’univers des personnages secondaires de La Société. Ici, point de fin. Il faudra attendre le dixième et dernier opus pour connaître l’épilogue. Ceci grâce à une lectrice, fan de la saga qui a suggéré à Angela Behelle ce tour de passe-passe pour nous tenir, nous pauvres lecteurs impuissants, en haleine ! On crie au scandale (avec un grand sourire) !

Ce qui est très accrocheur et qui change dans cette histoire en deux parties est le côté dramatique et diplomatique. Dès qu’il s’agit de politique, de pouvoir, les enjeux deviennent le centre de beaucoup de complots et de cruauté. On n’en dit pas plus.

Au final, c’est une totale réussite. La série ne s’essouffle aucunement, au contraire, Angela Behelle a su donner un coup de fouet et embarquer ses fans jusqu’à la fin. Enfin, il ne peut en être autrement !

À lire assurément !

Pari risqué de Belinda Bornsmith


Format : broché
Pages : 534
Editions : Cyplog
Collection : Bliss
Sortie : 17 juillet 2015
Prix : 19,90 €


Présentation de l’éditeur

Depuis des mois, Jailyn lutte pour garder la tête hors de l’eau. En difficulté, elle risque de perdre sa bourse d’études. Aussi, quand sa colocataire décide de lui donner un coup de pouce, elle accepte sans se douter de ce qui l’attend.
Lui... Knox...
Tatoué, sexy, hot... et aussi glacial qu’un iceberg ! Mais elle n’a plus vraiment le choix et son aide, c’est juste l’histoire de quelques semaines. Pourtant, de rencontre en rencontre, il la déstabilise, l’intrigue et l’attire. Terriblement.
Garder ses distances devient très dur. Se protéger, encore plus. Jusqu’au jour où tout bascule entre eux...


Mon avis

Un régal !

Belinda Bornsmith est une romancière française connue pour ses histoires d’amour mêlant des êtres fantastiques. Elle signe ici, avec Pari risqué, son premier roman classé New Adult. Et c’est une réussite.

C’est avec une plume plus qu’agréable qu’elle nous convie à suivre Jailyn et Knox, les deux personnages principaux de son livre. On est embarqué dans une très belle histoire d’amour qui a su s’éloigner des clichés, mille fois lus, et donner une fraîcheur à la trame.

Que la douleur soit à l’origine d’une si belle union, qu’on soit ballotté entre tristesse et joie, entre rires et larmes, est une sensation étonnante et surtout captivante, pour un roman de cinq cents pages.

L’auteur est très douée pour décrire et narrer les sentiments, les protagonistes. Elle a cette facilité rare à nous plonger dans une scène sensuelle ou juste émotionnellement intense. Et, bien que parfois on puisse trouver quelques longueurs sur leur idylle, au lit par exemple, il faut reconnaître que Belinda Bornsmith sait y faire. Le rythme est soutenu tout en étant léger. C’est réellement une lecture très agréable.

La force du roman se situe aussi sur l’importance qu’ont tous les personnages secondaires dont le quotidien vient fusionner avec le lien de Jailyn et Knox. Une belle toile bien pensée !

Bref, on sourit, on pleure aussi et c’est là qu’on ne peut que constater que Pari risqué est une très belle romance moderne.

On reste sur notre fin quant à quelques intervenants et leur devenir… Il y aura-t-il un second opus ? À suivre !

Victorian Fantasy, Tome 1 : Dentelle & Nécromancie de Georgia Caldera


Format : broché
Pages : 544
Éditions : J’ai Lu
Sortie : 10 septembre 2014
Prix : 11,90 €


Présentation de l’éditeur
 
D’aussi loin que remontent ses souvenirs, Andraste, issue d une longue lignée de sorcières, vit dissimulée aux yeux du monde. Son univers restreint ressemble à s’y méprendre à une cage dorée, elle qui ne rêve que de s’envoler. C’est alors qu’une invitation de la main même de la Reine vient bousculer les plans de sa grand-mère qui dirige la famille d’une main de fer. Et une requête royale ne se refuse pas... à moins de souhaiter perdre la tête.

Sa découverte du monde commence, à mille lieues de ce qu’elle imaginait. La cour est pleine de dangers, de rumeurs et de règles qu’elle ne maîtrise pas.

Mais sa plus grande erreur est de succomber au regard aussi noir que la nuit de lord Thadeus Blackmorgan...


Mon avis 

Steampunk et romance ! Voilà un cocktail détonnant au regard de la couverture et de son résumé. De plus, si vous connaissez la plume de Georgia Caldera, vous n’hésitez pas une seconde. Promesse de magie et d’amour, de fantasy et de vintage. Mais voilà… ça ne fonctionne qu’à moitié !

La lecture promettait d’être fabuleuse. Les cinquante premières pages se dévorent toutes seules. On est pris par l’histoire, accroché à chaque passage, affamé de connaître la suite.

Andraste est une jeune femme passionnante qui, cloitrée depuis toujours, découvre la cour et ses rouages. Entre timidité et intrépidité, ce personnage nous est d’entrée sympathique. Et que dire de Thadheus Blackmorgan… un homme ténébreux comme on les aime. Le jeu du chat et de la souris commence d’une façon succulente. Hélas, à trop vouloir y jouer, on finit par lasser. Le va-et-vient de leur idylle devient sans intérêt.

Côté magie, il ne faut pas s’attendre à des révélations fracassantes. Alors, peut être que ce tome est une mise en place de la saga, mais il n’en reste pas moins que tout s’essouffle trop vite. Chaque fois qu’une révélation ou une pointe de fantasy nous sont offertes ça redevient plat dans la foulée.

On continue la lecture dans l’attente de plus de fantastique mais aussi que l’histoire de cœur avance entre Andraste et Thadheus. Les deux cents pages du milieu du livre sont assez longues, surtout pour les lecteurs amateurs de romance historique qui ne feront que du sur place à force de clichés.


Heureusement, le dernier tiers nous replonge dans l’euphorie du début. Georgia Caldera a su redonner un souffle nouveau à son histoire et nous rendre les personnages très attachants. Et aussi grâce à sa plume très agréable même dans les moments de longueurs.
Les fans de l’auteur retrouveront son style particulier qui donne à ses romans un charme indéniable et seront sûrement enchantés par ce premier opus. Pour les amateurs de fantasy qui aiment aussi la romance, il manquera de magie, de pouvoirs. Mais il est à espérer que le tome suivant comblera cet aspect.

Au final, Dentelle et nécromancie, est en demie-teinte. Il faut s’armer de patience une partie de l’histoire pour mériter la fin.

Je suis là de Clélie Avit


Format : broché
Pages : 250
Éditions : JC Lattès
Collections : Romans Contemporains
Sortie : 27 mai 2015
Prix : 14,50 €


Présentation de l’éditeur

Elsa n’a plus froid, plus faim, plus peur depuis qu’un accident de montagne l’a plongée dans le coma. Thibault a perdu toute confiance le jour où son frère a renversé deux jeunes filles en voiture.

Un jour, Thibault pénètre par erreur dans la chambre d’Elsa et s’installe pour une sieste. Elle ne risque pas de le dénoncer, dans son état. Mais le silence est pesant, même face à quelqu’un dans le coma. Alors, le voilà qui se met à parler, sans attendre de réponse.

Ce qu’il ignore, c’est que pour Elsa, tout est fini, jamais elle ne se réveillera. Mais tandis que médecins, amis et famille baissent les bras, Thibault, lui, construit une relation avec Elsa. Est-il à ce point désespéré lui-même ? Ou a-t-il décelé chez elle ce que plus personne ne voit ?


Mon avis

Une couverture qui attire l’oeil - et pour cause -, une annonce prometteuse, et tout de suite ce roman nous appelle. Chaque année la Fondation Bouygues Telecom décerne le prix Nouveau Talent à un auteur l’aidant ainsi, avec ses partenaires, Metronews et les Éditions Jean-Claude Lattès, à promouvoir son premier livre.

Le thème proposé à la réalisation de Je suis là est tiré de la citation de Marcel Pagnol : “Tout le monde pensait que c’était impossible. Un imbécile est venu qui ne le savait pas, et qui l’a fait”.
Au vu du sujet proposé, l’histoire convient à merveille. Clélie Avit nous embarque dans une romance inhabituelle, et, disons-le, somme toute fantasque, impensable, mais ô combien tendre, sensible et délicate...

Les émotions déferlent au gré des mots, des pages et c’est avec étonnement qu’on constate qu’on a dévoré le roman. La phrase d’accroche parlant de phénomène est un peu exagérée, mais néanmoins cette lecture possède un charme indéniable et il est vrai qu’on souhaite impatiemment connaître la fin.

C’est avec une écriture pleine de douceur et de pétillance qu’on suit Thibault et Elsa, chacun leur tour, dans ce périple de la dernière chance. Des personnages attendrissants qui ne laissent pas indifférents bien au contraire. Et ce sont sûrement quelques larmes qui couleront malgré vous...

La fin est un peu trop rapide et laisse le lecteur surpris et frustré mais après tout en rajouter aurait peut être été de trop... Alors, oui, Je suis là est un livre à la trame improbable mais c’est une histoire très bien amenée et qui se coule dans le contexte de l’appel à texte.

Voici une lecture attachante et bouleversante qui vous fera passer quelques heures émouvantes.